Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 17:34

Mon coup de cœur de la semaine : L’affaire de Road Hill House de Kate Summerskale

 

Au matin du 30 juin 1860, à Road, dans le Wilthshire (Ouest de l'Angleterre), la nurse de la famille constata que le lit d'un des enfants dont elle avait la charge, le petit Saville, 4 ans, était vide. Plus tard dans la matinée, on retrouva le corps sans vie du garçonnet - il avait été égorgé, peut-être préalablement étouffé - dans les latrines des domestiques. Pour la police locale, l'évidence s'imposa que le crime n'avait pu être commis que par une personne habitant la propriété : les parents du garçon, les frère et soeurs aînés, nés du précédent mariage du père, ou les domestiques. Au total, une douzaine de personnes, pas davantage. L'énigme eût dû être rapidement résolue, pourtant ce ne fut pas le cas : le crime de Road Hill House allait devenir l'une des affaires criminelles les plus tonitruantes de l'histoire anglaise.

L'écrivain Kate Summerscale s'est immergée dans les innombrables archives policières de l'enquête et dans la presse enflammée de l'époque pour retracer les péripéties des investigations et resituer les faits dans un tableau plus vaste et passionnant : l'Angleterre du mitan du XIXe siècle, les moeurs de la société victorienne. Un fait divers ne frappe à ce point les esprits que s'il cristallise les angoisses d'une époque. L'auteur décrypte et souligne ce qui fait de l'affaire de Road Hill House un crime « exemplaire » : il ne touche pas une famille socialement déclassée, mais la nouvelle classe moyenne aisée née de l'industrialisation ; il offre au public l'intimité d'une cellule familiale, offrant aux regards plus ou moins voyeurs le linge sale qu'on n'expose pas d'habitude, les turpitudes réelles ou supposées : secrets, hontes, tromperies.

En outre, les spéculations sur les meurtriers présumés rencontrent les théories scientifiques en vogue, dans le sillage de Darwin et de la médecine aliéniste... La presse populaire ne se fait pas prier pour relayer les moindres détails de l'enquête, mais aussi les controverses qui opposent les enquêteurs entre eux. Car l'affaire de Road Hill House voit intervenir un nouveau personnage dans la société et l'imaginaire anglais : le détective. En l'occurrence, le très  intuitif Jack Whicher, membre de la nouvelle section d'investigations de Scotland Yard, dépêché par Londres dans le Wilthshire.

Outre la minutie implacable avec laquelle il retrace les faits, le livre de Kate Summerscale a l'originalité de mettre en parallèle cette affaire et le roman policier anglais naissant pour montrer combien les romanciers d'alors se sont passionnés pour le personnage de Whicher et pour le secret enfoui dans le passé de la famille Kent, dont l'enfant fut la victime expiatoire. Le drame nourrit Pierre de lune, de Wilkie Collins, considéré comme le roman fondateur de la littérature policière, mais aussi des ouvrages de Dickens, de Mary Elizabeth Braddon, et même Le Tour d'écrou, de James.

Le poète T.S. Eliot soulignait que les fictions policières impeccablement construites de Poe ou de Conan Doyle semblaient des constructions mathématiques presque abstraites, tandis que le ténébreux Pierre de lune, roman à énigme de Collins, lui, relevait de la quête de « l'insaisissable élément humain » - celui que traque et cerne, à sa façon, le très brillant et rigoureux travail de Kate Summerscale

Par Pierre Mazet - Communauté : Littérature policière
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coup de coeur

Depuis le temps que j'en cherchais, il fallait bien qu'en trouve un.. Voila un polar écolo.. je vous livre brut de décoffrage, le 4ème de couv.

À Hoellic, Morbihan, le boulot de maire ne sent pas la rose : dans une campagne où les agriculteurs cherchent désespérément des débouchés honorables pour les déjections de leurs bestiaux, Solenn Triquenot préside le syndicat pour la collecte et l’élimination des ordures. Les comptes sont louches, les décharges fuient, l’incinérateur égare ses cendres toxiques. Quand l’homme de la présidente périt dans son poulailler industriel, c’est signe que les entreprises contractantes ont cessé d’opérer en douceur.
Sujet intéressant, après tout la protection étant devenu une cause sacrée, il n'est pas étonnant que quelques une cherchent à améliorer leur ordinaire voir bâtissent des fortunes en nous faisant croire qu'il font le bien de l'humanité. Au-delà du sujet, j'ai trouvé l'intrigue intéressante surtout qui nous emmène dans la réalité bretonne d'aujourd'hui. La musique celte et les crêpes se mélangent à la "modernité" de l'élevage industriel... vraiment captivant de ce côté là !
A l'auteur : Helène Crié-Wisner dans la série noire chez Gallimard

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