
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 11
Dans un discret bureau de Matignon, les proches conseillers de Blamont affichaient la mine des mauvais jours. Même si Firmin n'avait pas encore officiellement pris parti pour Blamont, il était ministre de son gouvernement tout ce qui éclabousserait Larteaux, rejaillirait à coup sûr sur Blamont. Cette affaire tombait au plus mal pour le Premier Ministre. L'annonce de sa candidature était programmée pour la mi-décembre. Le vote du budget, accompagné de baisses d'impôts en trompe-l’oeil lui assurerait la bienveillance de la presse libérale. Des nuées de chroniqueurs économiques dont la culture se limitait à la lecture de la presse américaine bien-pensante lui tresseraient des couronnes de laurier. La gauche hors-jeu, Blamont n'avait pas de doute. Il ne ferait qu'une bouchée de ce bateleur de Jaurac qui se retrouverait à arpenter la campagne limousine. Ce beau plan ne pouvait souffrir du moindre écart médiatique. Face à Blamont, Gamberti et Noël Kiroski le directeur du cabinet, Firmin se sentait en position d'accusé.
Blamont ouvrit le feu.
- Noël, quelles pourraient être les conséquences d'une exploitation politique de cette malheureuse affaire ?
- Désastreuses, M. Premier ministre, nous avons fondé notre argumentaire de campagne sur la transparence et la lutte contre la corruption. Il serait tout à fait fâcheux que le nom de l'un de vos proches se trouvât prononcer dans le cadre d'une affaire policière dans laquelle on pourrait subodorer que le vol n'est pas l’unique mobile du crime.
- M. Larteaux ne s'est pas encore prononcé en ma faveur.
- Je m'apprêtais à le faire M. Premier ministre.
- Je pense que cette annonce peut attendre des jours meilleurs mon ami.
Firmin encaissa le coup sans mot dire.
Blamont repris la parole.
- Monsieur le Garde des Sceaux, avons-nous l'assurance que les investigations seront conduites en toute impartialité.
- J'en ai peur Monsieur le Premier ministre. L'instruction a été confiée au juge Langlois, réputé incontrôlable par le procureur.
Cette fois, c'est Blamont qui blêmit. Heureusement, une éducation rigoureuse lui permit de garder son self-control.
- Donc si quelque chose de compromettant est découvert, nous serons totalement démunis.
- J'ai peur que nous n'ayons à faire à une grenade dégoupillée. Ajouta Gamberti.
La réunion se conclut sur ces mots. Firmin regagna son bureau ministériel. La charge de travail n'était pas écrasante. Elle consistait surtout à distribuer des hochets. Son directeur de cabinet, un ancien préfet, connaissait parfaitement les rouages de la maison. Une petite demi-heure suffit à passer en revue les quelques textes qui attendaient sa signature. La journée du lendemain serait consacrée à deux inaugurations et à la réception de deux ou trois associations. En attendant, il pouvait s'offrir une soirée parisienne comme il les aimait.