
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 12
Cinq jours après la découverte du corps de l'adjoint au maire de Châtel sur Loire, un nouveau briefing avait lieu dans le bureau du Commissaire Meunier.
Blanchard avait passé trois jours à fouiller dans la vie de cette personnalité un peu plus que locale.
- Alors Blanchard, on vous écoute.
- Jean-Marie approchait de la soixantaine. Né peu avant la dernière guerre, il était le cadet d'un petit industriel du textile dont l'affaire a bien profité des trente glorieuses. Quelques mauvaises langues prétendent même que l'origine des fonds investis au début des années cinquante n'était pas forcément avouable. L'entreprise a connu un développement plus qu'honorable, assurant à Jean-Marie, Marc et Marie (son frère et sa sœur) les moyens d'une éducation enviable. L'enfance de Jean-Marie est d'une banalité remarquable. C'est celle d'un fils d'un bon bourgeois de province décidé à utiliser son patrimoine pour favoriser l'ascension sociale de ses enfants. Jean-Marie fut bon élève des jésuites au collège de Saint-Joseph de Châtel. Il eut pour compagnon François Garçon, aujourd'hui Me François Garçon propriétaire de la charge Garçon -- Vialatte. Son meilleur ami d'enfance fut sans doute Michel Giraud, aujourd'hui patron de la clinique Sainte-Anne. Bref, rien que du beau monde. Il reçut sans sourciller une éducation des plus classiques. Élève appliqué, mais sans génie dans les matières scientifiques, seule la littérature semblait l'intéresser. Il faisait le désespoir de Garin Père qui l'aurait bien vu dans une de ses universités américaines d'où sortent nos meilleurs managers. Finalement, de guerre lasse, Garin père accepta Normal Sup. Jean-Marie y fit une scolarité brillante. Après quelques années d'enseignement dans un lycée parisien très chic, il choisit la voie universitaire. On lui doit quelques travaux de recherche, notamment une biographie remarquable de Bernanos. On doit, pour être honnête, y ajouter quelques romans érotiques publiés sous pseudonyme. Il enseignait toujours à l'université d'Orléans. Quelques étudiants se demandent aujourd'hui comment ils vont terminer leur thèse.
- L'université y pourvoira.
- Mais oui, Commissaire, enfin pour certains, le parcours risque d'être un peu plus compliqué.
- Blanchard, arrêtez de parler par énigme.
- Enfin patron, vous savez bien que parfois il se noue entre les étudiants et leur directeur de thèse des rapports ambigus.
Martin, ayant fini de rouler sa cigarette, ajouta finement.
- Tu veux dire que des vieux barbons en profitent pour se faire quelques étudiantes.
- Oui, mais ce n'était pas le cas de Jean-Marie. Il préférait mettre dans son lit... les jeunes étudiants.
Le silence s'abattit sur le bureau du Commissaire. Lambert prit un air pincé.
- Tu es sûr de ce que tu avances ?
- A l'université, c'était un secret de polichinelle. D'ailleurs, il suffit de parcourir quelques-uns de ses romans pour se rendre compte qu'il y a du vécu.
- De toute façon, l'homosexualité n'est plus un crime s'il s'agit d'adultes consentants.
- Tu as raison, M. je sais tout. De plus, on voit mal ceux qui ont obtenu leur thèse en faisant don de leur corps venir porter plainte.
- Alors je ne vois pas en quoi cela nous éclaire.
Cette fois, Meunier prit un air courroucé.
- Écoutez Lambert, je comprends votre souci d'éviter les remous politiques. Mais je ne peux plus exclure que Jean-Marie Garin ait reçu lui-même ses agresseurs.
- Bref, ajouta Blanchard, une partouze qui aurait mal tourné !