
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode n°15
De retour de l'Himalaya, Claudia avait l'esprit plus affûté que jamais. Elle travaillait depuis des années à confectionner l'image de son père. Elle avait fini par en faire un gestionnaire vertueux. Elle avait arrangé son CV. Il était ainsi devenu, par miracle, l'auteur d'une thèse sur le rôle de l'État dans l'économie. Thèse dont il n'avait pas fini de lire l'introduction. Ainsi, Firmin apparaissait désormais comme l'homme incontournable de Bercy si la victoire de la droite se confirmait. Cependant le gestionnaire vertueux ne fait pas un homme politique moderne. Elle avait réussi à y adjoindre un supplément d'âme en multipliant ses déplacements dans les quartiers difficiles. Elle y avait ajouté l'esprit de l'ouverture en médiatisant sa gestion municipale à laquelle il associait l'opposition. Naturellement, il s'agissait pour l'essentiel d'associer les Verts au choix de la couleur des bancs publics ou des bus municipaux, les Communistes à la réfection des maisons de quartier et les Socialistes au choix des rues en sens unique. Depuis quelques mois, la victoire semblait choisir son camp. Tous les sondeurs et autres pronostiqueurs plus ou moins patentés donnaient Blamont dans un fauteuil. Pour parfaire la stratégie des jours prochains, Firmin avait prévu de déjeuner avec sa fille. Pour ces petits repas de travail, il avait aménagé une petite salle à manger dans la pièce qui jouxtait son bureau de maire. Il commandait ses repas aux deux ou trois traiteurs les plus célèbres de la ville. Coté nourriture, le repas serait plutôt triste. Avec Claudia il avait l'impression d'être sous surveillance médicale permanente. Banni, le cassoulet et le Bordeaux qui alourdissent l'estomac et brouille la pensée. Salade, terrine de poisson, et bouteille d'Évian devraient suffire à calmer son appétit.
Claudia, entre deux bouchées, entama la conversation.
- Alors quelle est la situation ?
- Pas brillante à mon avis.
Firmin lui relata sa conversation avec Blamont, Gamberti et Kiroski.
- Et toi, quelle est ta position ?
- Attendre, il n'est pas prouvé que la mort de Jean-Marie ne soit pas un simple fait divers.
- Tant de naïveté de ta part m'étonne. Jean-Marie serait mort d'une attaque cardiaque, tu bénéficierais de la sympathie de tout le monde. Mais enfin, même si cette mort relève du fait divers, il va y avoir enquête. Un fouille-merde quelconque va bien mettre à jour quelque histoire de fausses factures, emplois fictifs, commissions occultes. Vous n'avez pas financé vos campagnes électorales avec les cotisations des militants fictifs.