
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode n°8
- Justement, vous Blanchard, vous allez me dresser pour ce soir une biographie très détaillée du personnage. Je veux tout savoir, ses origines, son ascension politique, ses liens avec les autres notables de la ville, et tâchez de ne pas vous limiter aux coupures de presse !
- Vous croyez que c’est utile s’il s’agit d’un crime de rôdeur demanda ironiquement Blanchard.
- On ne sait jamais. Vous Lambert, avec Martin, vous allez passer en revue sa situation financière et je veux du détail. Je rencontrerai moi-même la famille de la victime pour essayer de faire le point des objets disparus.
À l'autre bout de la ville, Firmin parcourait la presse du jour. L'affaire n'occupait pas encore la « une ». Les guerres civiles africaines fournissaient encore l'essentiel de la matière première des journaux nationaux. Dans la presse locale, on s’apitoyait sur le tragique destin de Jean-Marie. La plupart des éditorialistes mettaient l'accent sur l'insécurité grandissante, elle n'épargnait aucun quartier. L’éditorialiste de « Centre Loire » suggérait que les bandes qui déboulent régulièrement dans la ville fussent éloignées une fois pour toutes. Même la feuille de chou Châtelnoise, qui avait pour habitude d'égratigner, voire de traîner dans la boue les personnalités locales, faisait preuve d'un certain scepticisme. L'auteur de l'article faisait preuve de retenue dans l'attente de plus de détails sur l'enquête. Firmin était sans illusion, un jour ou l'autre, le « Renard futé » amènerait le crime sur le terrain politique. Il connaissait fort bien YL signataire de l'article, puisqu'il s'agissait de son propre fils. A plus de 30 ans, Yves Larteaux n'avait pas grandi. Après Sciences-Po Paris, une carrière sans anicroche semblait s'offrir à lui. En lieu et place de l'ENA, ce jeune crétin avait décidé de devenir journaliste. Si encore, il avait accepté de devenir une signature dans un de ses hebdomadaires prestigieux où les journalistes écrivent l'essentiel de leurs articles en partageant avec deux ou trois soutiers de la politique un déjeuner famélique mais hors de prix dans quelque restaurant parisien en vue. Mais non, ce jeune imbécile avait décidé de lancer sa propre entreprise de presse. Au départ, l'idée avait amusé Firmin. Il avait même mis quelques subsides dans l'affaire. Si elle réussissait, y avoir quelque influence n'était pas de nature à nuire à sa carrière politique. Puis l'affaire avait dérivé. Secondé par quelques aigris, Yves s'était érigé en redresseur de torts. Rien n'échappait à leur capacité de fouille-merde. La moindre attribution de marché à compagnie « amie » faisait l'objet d'articles tendancieux. Les aides aux entreprises, la plus petite modification de POS étaient soumises à la vérification pointilleuse des experts juridiques de la petite équipe. Firmin savait bien que la plupart de ses électeurs se ruaient chaque mercredi sur cette damnée feuille de chou. Jusqu'à aujourd'hui, il avait réussi, avec Jean-Marie, à éluder toutes questions gênantes. Bizarrement, il sentait avec sa disparition la fin d'une époque. Si l'affaire offrait le moindre angle d'attaque, il serait broyé par la bataille politique que se livraient les deux héros de la droite sous l'oeil goguenard du florentin de l'Élysée. La voix de Marie Sophie le tira de sa rêverie.
- Vous regagnez Paris aujourd'hui mon ami ?
- Les événements m'y poussent.
- Vous partez seul ?
- Non, sans doute pas.
- Alors, je n'aurais pas de scrupules à ne pas vous accompagner. J'ai prévu de dîner demain soir avec notre fils, vous n'avez pas de message à lui transmettre ?
- Non.