
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode n°49
Dix minutes après, le téléphone se manifesta de nouveau.
- Bonjour Colbert, c'est Gourdon, j'ai une information qui peut t'intéresser.
- Vas-y.
- Ton marchand de bibles est connu d'un bar un peu obscur de la rue de la Tour des Dames.
- Tu sais qui il y rencontre ?
- Pas vraiment.
- Arrête Gourdon, je me moque de tes petits arrangements avec ton indic. Je veux savoir qui le « pasteur » rencontre chez lui. Si tu retiens de l'information, c'est moi qui irais l'interroger.
- Ne te fâche pas Colbert, il ne m'a pas menti, il ne connaît pas ceux que ton vendeur de livres saints rencontre chez lui.
- Comment tu le tiens ton indic.
- Il organise quelques parties de poker dans son arrière-salle.
- Alors, il te doit bien un petit service. Je vais relâcher la pression sur le «pasteur ». Il est probable que d'ici quelques jours, il va penser que je l'ai oublié et va retourner dans ton bistrot. Il est à combien de minutes de ton commissariat ?
- A peine, cinq.
- Bon tu vas retourner voir le patron et lui demander qu'il te prévienne dès que le « pasteur » revient. Tu envoies alors un de tes hommes prendre en filature celui qu'il aura rencontré.
- Bien entendu, je te tiens informé.
- Sur l'heure !
Colbert soupira d'aise et prit la direction du « Grand Marché ». Comme il l'avait prévu, il se heurta au dragon.
- Que voulez-vous encore Monsieur le Commissaire ?
- Où est Mademoiselle Julie ?
- Je vais vous la chercher.
Le divisionnaire retrouva la jeune fille enjouée. Se tournant vers la mégère, il ajouta.
- Je vous l'enlève le temps du déjeuner.
Sans dire un mot, Julie alla chercher son sac à main et son imperméable. Quand ils furent sortis du magasin, elle se tourna vers Colbert.
- Je croyais vous avoir tout dit.
Colbert répondit à côté.
- Vous aimez le petit salé aux lentilles ?
- Oui.
Ils entrèrent dans un petit restaurant de la rue de Provence. La salle était bondée, ils eurent du mal à trouver une table à l'abri des oreilles indiscrètes. Intimidée, la petite Julie jeta un regard inquiet à Colbert. Ce n'est que lorsqu'ils furent servi que le divisionnaire entama la discussion.
- Vous avez des nouvelles de votre père ?
La jeune fille faillit éclater en sanglot, mais serra les dents et se mura dans le silence.
- Il est temps d'arrêter de mentir, Julie, si vous me parliez de vos parents ?
Elle hésita encore, avala une bouchée de lentilles, puis se lança.
- Je ne les ai jamais connu, Monsieur Colbert. Il paraît que l'on m'a retrouvé, posée sur un banc au fond du Sacré Cœur. Pour la suite, vous imaginez bien que j'ai passé l'essentiel de ma vie à l'orphelinat.
- Aucune famille ne vous a adoptée ?
- Je ne devais pas être une petite fille très attrayante, ni très enjouée. J'ai été placée dans une famille de paysans près de Bordeaux. Mais, ils m'ont vite rendue à l'orphelinat. A quatorze ans, on m'a mise en apprentissage dans une famille de pâtissier à Bondy. Des braves gens, dès que j'ai pu partir, j'en ai profité.
- Vous aimez les religieuses ?
- Oh ! oui, c'est mon gâteau préféré.
- Quand avez-vous rencontré Victor Cornut ?