
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 52
- Monsieur Faure ? Commissaire Colbert, pouvons-nous entrer ?
- Je vous en prie.
Les trois policiers s'engouffrèrent dans un long couloir étroit qui débouchait sur une sorte de salle à manger meublée et décorée à l'image de son occupant. Pas de fioriture, une table de bois, quatre chaises de la même matière, pas de tableau aux murs, une bibliothèque constituait le seul décor de la vie du « pasteur »
- Je suppose que vous venez pour ce pauvre homme assassiné dans notre immeuble.
Colbert hocha la tête.
- C'est bien triste, mais je crois que j'ai tout dit à votre inspecteur.
- Je n'en doute pas. Vous connaissiez bien votre ex-voisine, mademoiselle Ginette ?
- Comme tous les locataires de l'immeuble.
- C'est pour cela que vous lui rendez visite régulièrement dans le Nord ?
- Au hasard de mes tournées, il m'arrive d'aller la saluer. Mais, où voulez-vous en venir, Commissaire ?
- À ceci, Monsieur Faure, je n'ignore rien de votre petit commerce. Dans vos bibles, il n'y a pas que des textes sacrés.
- Je ne comprends pas, Commissaire, je suis un honnête représentant de commerce.
- Jouons cartes sur table, Monsieur Faure. Ce qui se trouve sous vos bibles regarde la brigade des stupéfiants. Moi, je m'intéresse à la mort de Cornut. Qui est la petite frappe que vous avez rencontrée ce matin ?
Le visage du « pasteur devint un peu plus blême.
- Je ne vois pas.
Colbert se tourna vers Polmar et Laplume.
-Allez-y les enfants.
Les deux inspecteurs entreprirent une fouille en règle de l'appartement. Ils vidèrent avec soin la bibliothèque feuilletant chaque bouquin. Sans ménagement, ils ouvrirent chaque tiroir dont ils renversèrent le contenu. Ils passèrent ensuite à la cuisine, sortirent toutes les bouteilles du vieux buffet de bois. Apparemment, la tempérance n'était pas la première qualité du « pasteur ». Pendant ce temps, Colbert s'était levé et tournait autour de la table en fumant nerveusement. Impassible, le marchand de bibles attendait.
- Que comptez-vous faire, Commissaire ?
Colbert ne répondit pas. De la cuisine, provenaient des bruits d'assiettes, de verres que les deux inspecteurs manipulaient. C'est un Polmar hilare qui fit son apparition dans la salle à manger, une liasse à la main.
- Hé ben, Patron, voilà du sonnant, trébuchant et odorant, le fric était planqué dans deux vielles boîtes de camembert.
- Hé bien, Monsieur Faure, je ne pensais pas nos concitoyens fussent à ce point passionnés par la littérature sacrée.
- Ce sont mes économies.
- Arrêtez de vous moquer de moi. Je vais faire circuler dans Paris que vous doublez votre commanditaire et la semaine prochaine, c'est sur votre mort que j'enquêterai.
Le pasteur changea brusquement d'attitude.
- D'accord, commissaire, je reconnais avoir rencontré, ce matin, ce jeune homme que vous avez dû prendre en filature.
- Voilà qui est mieux, quels sont vos rapports avec lui ?