
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 62
- Inutile qu'on nous aperçoive dans un lieu public, ajouta-t-il.
Un soleil pâlichon éclairait l'eau saumâtre du canal. Quelques clochards vidaient leur première bouteille en tendant la main. Elle avait pris un manteau léger et s'était recouvert la tête d'un large fichu. Elle vit s'approcher le Grand patron vêtu d'un impeccable Burberry.
- Je ne suis pas étonné de votre demande, c'est la première fois que je vois votre mari dans cet état. Si nous pouvons nous aider mutuellement !
- J'ai dans l'idée qu'un secret lie mon mari à Ernestine Jussion, la mère de ce malheureux gamin. Je voudrais la rencontrer.
- Dans quel but ?
- La faire parler, je suis sûre que mon mari souffre de ne pouvoir avouer quelque chose.
- Très bien, je m'en occupe, rentrez chez vous, je vous téléphonerai.
Obéissant à la lettre aux instructions de Clouet, Maurice n'avait pas lâché Colbert d'une semelle. Toute la journée, il était resté enfermé dans son bureau et le détective véreux avait fait le pied de grue. A six heures, alors qu'une pluie fine s'était abattue sur Paris, le divisionnaire s'était dirigé à pied vers le cimetière de Bercy. Il s'était ensuite dirigé vers un bar louche de la rue de Charenton. Il en était ressorti trois heures après, la démarche titubante et avait regagné le boulevard Richard Lenoir.
Le Grand patron avait tenu parole. La « grande perche » avait accepté de rencontrer Madame Colbert à 11 heures, le lendemain. C'est elle qui avait fixé le lieu de la rencontre, un bistrot plus ou moins borgne de la rue Caulaincourt. Louise était loin d'être une habituée de ce genre d'endroit. Elle s'installa dans le coin le plus sombre de la salle enfumée. Le patron, au visage aviné, vint prendre sa commande. Ne voulant pas se distinguer, elle commanda une fine tout en se demandant, comment elle allait l'avaler. Un quatuor de julots, qui tapaient le carton, la regardèrent avec un sourire en coin. Elle crut entendre.
- Ben dis donc, elles sont de moins en moins jeunes.
Elle commençait à se sentir mal, lorsqu'une femme au visage émacié, outrageusement maquillée, se dirigea vers elle.
- Je suis Ernestine Jussion.
Louise se dit qu'elle avait dû être belle.
- Que me voulez-vous ?
En balbutiant Mme Colbert lui expliqua l'état de son mari. La « grande perche » alluma une gauloise.
- Que voulez-vous que j'y fasse ? N'allez pas croire que je vais le prendre en pitié, il a fait tuer mon fils.
- Je sais Madame Jussion et j'en suis désolée.
- Ça change quoi?
- Il y a autre chose.
- Vous voulez tout savoir ? Tant pis pour vous !
Louise hocha la tête.
- Vous savez que votre mari m'a arrêtée par erreur, il y a plus de vingt ans. À l'époque, je travaillais dans un hôtel de passes. Un client s'est plaint qu'on lui avait fauché son portefeuille. Votre mari l'a retrouvé dans ma chambre. En fait, c'est une autre fille qui l'avait piqué. Les faits étaient contre moi, j'en ai pris pour trois ans.