
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 18
Blanchard siffla.
- Mazette ! Voilà un homme qui savait s’y prendre
- Comme tous les Français, M. Garin a profité des privatisations.
- Mais bien sûr, ajouta Blanchard.
- Mais ce n’est pas tout. M. Garin possédait 50% des parts de deux petites sociétés de conseil dont le siège n’est pas situé en France.
- Qu’entends-tu par hors de France ?
- Ces deux petites sociétés ont leur siège au Lichtenstein.
-Ben voyons, dans un paradis fiscal.
Meunier reprit la direction des débats.
- Voilà qui paraît mériter le concours de la brigade financière.
-En effet, renchérit Blanchard, je ne serais pas étonné si les deux sociétés en question n’étaient que des usines à blanchir.
- Nous verrons. Lambert avez-vous d’autres informations de cette nature ?
- Oui, M.Garin possédait des intérêts dans l’immobilier. Outre bien sûr, quelques immeubles châtelnois légués par son père, il possédait des parts dans trois SCI[1]. Les autres associés sont son frère, sa sœur, Mme Larteaux et Mme Garçon, l’épouse du notaire.
- Tiens, tiens et quelles sont les activités de ces SCI.
- Pour l’essentiel la rénovation d’immeubles anciens, je crois.
- Hé ! Voilà un homme bien occupé dans des activités génératrices de bon cash-flow.
- Doucement Blanchard, rien ne prouve que ces activités sont entachées d’illégalité.
- Pourtant, vous demandez bien l’appui de la brigade financière !!
Meunier ignora la remarque.
- Et vous Blanchard, où en sont vos investigations ?
- Les empreintes relevées sur les lieux du crime sont multiples. Jean-Marie Garin aimait y recevoir ses invités.
- Deux choses me préoccupent Commissaire. A qui appartient un deuxième jeu d’empreintes féminines ?
- Certes, Blanchard, mais je suppose que Jean-Marie Garin recevait aussi des visites féminines.
- D’accord avec vous Commissaire, mais on a retrouvé ces mêmes empreintes dans la chambre et dans la salle de bain. Je crois que je vais cuisiner la femme de ménage et les voisins. Ils ont bien dû apercevoir cette mystérieuse inconnue.
- Votre deuxième problème Blanchard ?
- Comment Jean-Marie Garin a-t-il pu accepter de recevoir deux ou trois inconnus ? Il n’y a pas de trace d’effraction. Donc notre adjoint a bien lui-même ouvert la porte à ses assassins. On peut donc supposer deux choses : soit-il les connaissait, soit-ils ont inspiré confiance.
- Raisonnement intéressant, mais vous n’avez toujours pas de trace de ces individus.
- Notre seul moyen de les retrouver serait qu’ils tentent de vendre un objet dérobé chez Garin
- Touché Blanchard, j’ai essayé, avec la famille de Jean-Marie d’en savoir un peu plus. Comme je vous l’ai dit, Garin père était un homme qui aimait les pierres. Chacun de ses enfants a hérité d’un joli lot de pierres précieuses. Jean-Marie était en possession d’une belle rivière de diamants très purs. Grâce au notaire, chargé de la succession, j’ai eu une description qui laisse rêveur. Le diamantaire, auquel je l’ai soumise, l’estime au bas mot à 25 millions de francs.
- Donc, ce sont des pierres peu négociables localement.
- Vous avez raison Lambert, sauf si les bénéficiaires n’y connaissent rien.
- Etes-vous sûr qu’elles étaient dans le coffre.
- Absolument, Marc Garin les a vues quelques jours avant le drame. Il avait mis son frère en garde sur le danger de conserver ces pièces chez lui. Quant aux autres objets dérobés, Marc est resté flou. D’après lui, le coffre devait contenir quelques lingots, des napoléons et quelques dossiers.
- Bingo ajouta Blanchard, c’est peut-être là le vrai mobile du crime.
Meunier ne releva pas.
- Messieurs au travail, le temps nous est compté. Je vous laisse encore deux semaines pour trouver un suspect présentable au juge Langlois.
[1] Société Civile Immobilière