
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode n°19
En parfaite experte en communication, Claudia avait piloté le contenu du magazine de TV3 consacré à son expédition himalayenne. L’objet du « reportage » était de faire découvrir une nouvelle forme de tourisme, plus respectueuse de l’environnement et plus équitable pour les populations locales.
Sur les images, riches en couleurs, on pouvait voir Claudia partageant le thé avec une équipe de Sherpas souriants. Le commentaire soulignait que Claudia avait doublé leurs salaires, ce qui, compte tenu de leur faiblesse primitive ne constituait qu’un effort limité soulignait Claudia. Le journaliste, prêt à lui lécher les pieds s’exclamait :
- Quelle générosité !
- Il ne s’agit pas de générosité, mais d’un partage équitable des ressources de la planète.
Une séquence montrait Claudia dans un dispensaire de « Médecins du monde », les bras chargés de médicaments. En légende, elle expliquait doctement au journaliste l’importance de la collecte de médicaments dans les pays du Nord. C’était, disait-elle, un geste simple, de bon sens, peu coûteux pour les pays développés et si utile aux pays moins avancés. La troisième séquence était axée sur la protection de l’environnement. On y voyait Claudia ramassant les déchets du repas du soir dans un bivouac « propre ». Dans son commentaire, elle insistait sur la simplicité du geste qui permettait de conserver une nature intacte. Elle s’insurgeait contre les armées de soi-disants montagnards qui, tel le petit poucet, balisaient leur chemin avec les déchets de toute sorte. La quatrième montrait Claudia sur le toit du monde. Rayonnante, dans un décor de rêve, elle incarnait la jeunesse, le dynamisme. Dans la suite de l’interview, elle expliquait tout le bienfait de cette activité.
- Il y a l’enrichissement culturel, M.Portevoix. Vous vivez avec des gens d’une autre culture, d’une autre civilisation qui, croyez-moi, n’est pas moins brillante que la notre. Ce dépaysement dans un décor d’une incroyable beauté redonne un sens à la vie que le quotidien écrase. De là-haut, vous voyez nos problèmes pour ce qu’ils sont : petits.
- Belle philosophie Mademoiselle. Mais je crois savoir que vos fonctions auprès de votre père ne vous laissent que peu de liberté pour savourer ces petits bonheurs.
- Vous avez raison, animer la communication d’une ville comme Châtel-sur-Loire, est un travail plus qu’à plein temps.
- Vous travaillez en pleine confiance avec votre père.
- Naturellement M.Portevoix, je dois vous dire que j’ai refusé des propositions alléchantes de grandes entreprises privées. Mais j’ai fait passer mon attrait naturel pour la chose publique avant l’intérêt financier.
- Comment concevez-vous votre rôle auprès de votre père ?
- Monsieur Portevoix, je suis d’abord au service de la ville et de sa région avant d’être au service de mon père. Mon rôle consiste à valoriser l’image de la ville. Voyez-vous, dans ce monde de plus en plus globalisé, il faut faire valoir tous ses atouts. N’allez pas croire que les investisseurs étrangers ne sont sensibles qu’à l’attrait financier. Ils prennent en compte aussi le cadre de vie, les moyens de communication, l’activité culturelle. C’est tout cela qu’il nous faut mettre en valeur.
- Mademoiselle, votre père est quelqu’un qui compte aujourd’hui à l’intérieure de la droite. Nul n’ignore que l’on s’achemine vers une primaire entre Messieurs Blamont et Jaurac, vers qui va pencher votre père ?