
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 23
- Comme vous le savez Madame, je suis chargé de l’enquête sur le meurtre de M.Garin.
- Je ferai le maximum pour vous aider. Mais M. Garin n’a-t-il pas été victime d’individus attirés par l’appât du gain ?
- C’est la piste que nous privilégions. Mais on ne peut exclure qu’il ait été victime d’une agression en lien avec ses diverses activités. A quand remonte votre collaboration avec M.Garin ?
-Cinq ans, sa collaboratrice d’alors avait commis quelques malversations, il cherchait donc une personne de confiance.
- Que faisiez-vous à l’époque ?
- Je travaillais dans une petite entreprise de communication qui avait de nombreux contrats avec la mairie. J’avais donc des rapports constants avec M. Garin et son équipe, il avait donc pu apprécier mes qualités. J’ajoute que mon père avait été durant de longues années contremaître dans l’entreprise de M. Garin père, ce qui constituait un gage supplémentaire de confiance mutuelle.
- A quel titre exact êtes-vous employée par M. Garin ?
- Je suis employée de maison, j’ajoute que M.Garin savait se montrer extrêmement généreux avec ses collaborateurs de confiance.
Un coup d’œil attentif à la décoration du salon confirma à Blanchard la générosité de Jean-Marie.
- Quel était votre rôle exact auprès de M.Garin ?
- Le débarrasser de tout souci d’organisation matérielle. Vous savez que nous occupons les 2èmes et 3ème étages de l’hôtel particulier soit environ 300 m2 habitables. J’ai la charge de veiller à ce que tout soit impeccablement tenu. Vous n’imaginez pas à quel point l’absence de conscience professionnelle est devenue la règle.
- Et vous aviez carte blanche de la part de M.Garin.
- Totalement.
- Concrètement, comment gériez-vous cette vie quotidienne ?
- Au début de chaque mois, M.Garin virait sur un compte courant, pour lequel j’avais délégation, une somme fixe. Il m’appartenait alors de commander et de régler l’ensemble des fournisseurs participant à l’entretien et à la vie de la maison. Très concrètement cela allait de la femme de ménage en passant par le blanchisseur et le traiteur. A mon arrivée, M. Garin employait une cuisinière et un majordome, mais devant le peu de travail fourni et les contraintes réglementaires toujours plus lourdes, nous avons décidé de faire appel à un traiteur. Lorsque nous organisons ou plutôt organisions des dîners ou réceptions officielles, il nous envoyait le personnel compétent.
- M. Garin recevait beaucoup ?
- Je dirais deux à trois fois par mois. Le plus souvent, il s’agissait plus de dîners entre amis que de réceptions officielles.
- Des habitués ?
- Quelques amis très proches, mais en général la liste des invités changeait en fonction de l’actualité littéraire ou artistique. M. Garin était un homme d’une grande culture. Il recevait des artistes reconnus, des écrivains confirmés, mais grâce à son éclectisme naturel, il ne dédaignait pas encourager les jeunes talents.
- Vous avez parlé d’amis très proches, pouvez-vous m’en dresser la liste ?
- Je crois ne pas trahir de grands secrets. Si nous parlons du cercle très proche, nous devons compter les Larteaux. Mme Larteaux est extrêmement friande de culture, elle prenait un vif plaisir à ces dîners. Je pense qu’il s’agit des seuls amis issus du milieu politique. Jean Duthois et son ami étaient également très proches. Vous savez qu’il est propriétaire de la principale galerie de peinture de la région. Si nous nous limitons au premier cercle, je pense qu’il faut également inclure Gilbert Bernardet[1] et sa charmante jeune amie. Une longue complicité le liait à M.Garin, il avait été son premier éditeur.
[1] Gilbert Bernardet était le propriétaire des prospères éditions « Propos ligériens » et de la « soif de lire », la principale librairie de la ville.