Descente aux enfers (27)

Episode n°27

La suite relève du classique traquenard policier. Le lendemain, Mourad était à son tour dans le bureau de Lambert. Son cas n’avait rien de léger. Une fouille minutieuse des deux pièces qu’il squattait sur les bords de la Loire s’avéra fructueuse. On y retrouva un cendrier en cristal de Baccarat, un coupe-papier en argent, une montre rolex, un portefeuille en cuir aux initiales de JMG. Mourad se lança dans des explications invraisemblables. Un client habituel, en manque mais fauché, lui avait proposé ces breloques contre deux doses.

-              C’est tout ce que tu trouves comme explication !

-              Mais, c’est la vérité !

-              Je te conseille d’être plus convaincant avec le juge d’instruction !

En moins de trois semaines, Firmin Larteaux commençait à mesurer les dégâts. Les messages du réseau invisible commençaient à fructifier. On avait oublié de l’inviter au déjeuner de la presse économique. Pourtant ce jour là, on devait évoquer un sujet qui lui était cher : « Service public, gestion privée ». L’organisateur, Alain Dumontel, un ectoplasme dont personne n’avait réussi à déceler la couleur politique, s’excusa de cette erreur de secrétariat. Firmin n’était pas dupe. Il devenait petit à petit personna non grata dans les déjeuners en ville. Quelques bonnes âmes commençaient à distiller leur poison. Qui était Firmin Larteaux ? Un petit maire de province, pas très honnête sinon son adjoint et alter ego n’aurait pas été assassiné dans des circonstances aussi mystérieuses. Et c’est à cet homme-là que Blamont comptait confier Bercy ? Allons, Allons, les affaires de la France sont choses sérieuses, Jaurac lui disposait d’une équipe d’un tout autre calibre. De l’autre côté, Firmin commençait à sentir le souffre. Les calculs de Claudia s’avéraient un peu foireux. Bien loin de le prendre sous son aile protectrice, Blamont prenait ses distances. Comme par hasard, il n’était pas sur la liste des ministres accompagnant Blamont dans la banlieue d’Orléans pour inaugurer la « maison du citoyen », un truc inventé par les communicants de Matignon. Il s’en émut auprès de Noël Garognon. Celui-ci lui expliqua que le Premier Ministre tenait à ce que les vedettes ne soient pas les ministres, mais les invités de « terrain ». Il s’agissait d’un simple problème de communication. Firmin n’en crut pas un mot d’autant que Gamberti était de la partie. D’autres signaux ne manquaient pas de l’inquiéter. Son directeur de cabinet commençait à chercher un point de chute à EDF. Blamont n’était pas encore à lui réclamer sa démission, mais l’ostracisme commençait à faire surface. Signe inquiétant supplémentaire, le téléphone, il se mettait à douter de la confidentialité de ses conversations. Des grésillements suspects lui laissaient penser qu’ils étaient souvent trois sur la ligne. La mort dans l’âme, il avait renoncé à ses soirées parisiennes préférées. Virginie, la deuxième femme de sa vie était depuis une semaine sous l’étroite surveillance des RG (et peut être d’autres). Deux flics, aussi repérables que deux loups dans un troupeau de moutons ne la lâchaient pas d’une semelle. Il savait depuis longtemps que sa deuxième vie n’était plus un secret. Deux ans plus tôt, il avait rencontré Virginie à un colloque sur le « nouveau roman » organisé par Jean-Marie. Il était arrivé quelques minutes avant de prononcer le discours de clôture. Elle errait dans les couloirs de la maison de la culture, une grande fille de vingt cinq ans à la démarche nonchalante, mince presque fluette. Elle le regardait arriver le visage narquois, l’éclat de ses yeux bleu foncé ne manquât pas d’attirer son attention. Des petites tresses blondes lui donnaient un air d’adolescente prolongée. Apparemment, Firmin l’avait tirée de sa rêverie.

 

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  • : auteur de polars : Pierre Mazet
  • auteur de polars : Pierre Mazet
  • : livre auteur saint-etienne polars Littérature
  • : Blog d'un auteur de polar qui mêle avec astuce intrigue et histoire. Venez découvrir ses énigmes finement ficelées, ses personnages soigneusement ciselés. Il vous promène au gré des époques dans les villes à forte personnalité.. En plus, il vous offre un feuilleton policier. Toutes les semaines, rendant hommage à Simenon, vous pourrez lire un nouvel épisode du « crime de la rue blanche »
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  • : 07/01/2009

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