Partager l'article ! Descente aux enfers (30): Episode 30 Blanchard ne releva pas, la prochaine conversation avec Marie Jacquet-Rivière serait plus musclé ...
Pierre Mazet : Un bouquet de polars
Voilà, mon neuvième roman vient d’être publié ! La série des « Meurtres peu conventionnels » s’est arrêtée, elle était née un peu par hasard. Une nouvelle a vu le jour d’an dernier avec Pavés et poignards » qui inaugurait une trilogie autour des rêves et de dérives mai 68. Le deuxième «Du plomb dans les spaghetti » nous replonge dans l’Italie des années de plomb, durant lesquelles les Brigades Rouges ont apeuré l’Europe entière. Le troisième est en route, pour l’instant le titre est encore un secret d’Etat. En attendant, je vous retrouverai en septembre pour un nouveau feuilleton.
Episode 30
Blanchard ne releva pas, la prochaine conversation avec Marie Jacquet-Rivière serait plus musclée.
- Un dernier mot Yves, des empreintes féminines inconnues ont été retrouvées dans la chambre et la salle de bain de Jean-Marie, vous n’auriez pas une petite idée ?
- Hélas non.
Sur ces dernières paroles, Blanchard regagna son minuscule trois pièces dans le centre ville de Châtel-sur-Loire à deux pas du loft de Virginie. En écoutant Miles Davis, il réfléchissait au moyen d’authentifier les pièces du mystérieux dossier. A part une fouille en règle des archives d’Elégance, il ne voyait pas de solution.
Comme elle l’avait promis, Marie Jacquet-Rivière retrouva Blanchard au domicile de feu Jean-Marie Garin. Son émotion était réelle et bien visible. Elle eut du mal à franchir la porte du petit bureau attenant au grand salon dans lequel Jean-Marie avait trouvé la mort. Ce petit bureau, soigneusement agencé avait été son QG durant cinq années. Elle avait gardé une trace méticuleuse de son activité au service de Jean-Marie. En particulier toutes les invitations avaient été soigneusement enregistrées.
- Je ne comprends pas vraiment ce que vous espérez M. Blanchard. Il me semble qu’un suspect est déjà dans vos locaux.
- Vous avez raison, mais pour l’instant, il est suspect. Négliger les autres fils de l’enquête pourrait s’avérer dommageable s’il venait à être innocent.
Ils commencèrent à examiner les invitations de la dernière année. Une vingtaine de déjeuners « entre amis » avaient été organisés par Marie Jacquet-Rivière. Blanchard notait soigneusement chaque nouveau nom. Ceux de quelques romanciers connus ou moins connus y côtoyait celui des critiques littéraires en vogue. Il trouva Meunier. Par chance, les seuls autres invités des agapes du jour étaient Christian Jacques, Firmin Larteaux et son épouse. Comme Meunier était féru d’Egyptologie, nul n’y aurait vu malice. Dans les deux mois précédant sa mort, Jean-Marie Garin, avait apparemment perdu son goût pour la chose littéraire. La liste des invités de ces six derniers dîners était un parfait échantillon du bottin politique local. Une bonne partie du conseil municipal, quelques conseillers généraux de tous horizons figuraient en bonne place.
- Il semble, que ces derniers mois, M. Garin ait été très actif sur le plan politique ;
- Vous savez, M. Blanchard que nous approchons de l’échéance majeure de notre vie politique.
Blanchard sourit. Malgré son allergie à la télé, il était quand même au courant !
- A part les Martiens, nul ne l’ignore !
- Il est donc normal que M. Garin prépare les rendez-vous politiques futurs. Il est de notoriété publique que M. Larteaux puisse être appelé à un poste important. Je suppose que M.Garin s’apprêtait à prendre sa succession à la tête de la ville. Il fallait bien qu’il cultivât ses réseaux.
- Sans doute conclut Blanchard.
Trois noms qui lui étaient inconnus revenaient à deux reprises ;
Roger Merlin ;
Gilles Jodard ;
Etienne Montchanin.
- Je connais tous les invités sauf ces trois personnes. Vous pouvez m’en dire un peu plus ?