
Comme dit mon éditeur, "né dans une grande famille stéphanoise de mineurs", et il a raison. C'est vrai que c'était il y a déjà longtemps.......... Mais bon, la mine Saint-Etienne et les paysans
c'est un peu ma marque de fabrique et je n'en suis pas peu fier! Pour le reste, je suis venu sur le tard à l'écriture. Je n'essaye pas de savoir si c'est une vocation tardive ou une envie
refoulée. Je pense que j'ai toujours eu envie de raconter des histoires. Alors, pourquoi pas devenir auteur de polars!!! Mais assez parlé de moi, en route vers mes bouquins. C'est parti pour des
promenades à Saint-Etienne, Libourne, Billom, Saint-Mihiel,sous les verrières mystérieuses de la Gare de Lyon ou les hangars de chez Latécoère

Episode 31
En parfaite secrétaire, Marie Jacquet-Rivière se dirigea vers une boite où étaient rangées des fiches. Chaque relation de Jean-Marie faisait l’objet d’un petit CV. On y trouvait indiqué ses coordonnées personnelles, ses fonctions et quelques traits plus personnels, tels que ses goûts littéraires ou culinaires. Blanchard ne put réprimer un sourire.
- M.Garin aimait que les choses fussent parfaites pour ses invités. A l’aide de ces petites annotations, je pouvais mieux prévoir les menus, suggérer à M. Garin des groupes d’invités.
Blanchard apprit ainsi que Roger Merlin faisait partie de l’Etat major de la SGEA, plus particulièrement chargé des aspects financiers des contrats. Gilles Jodard était le directeur des services techniques de la ville, Etienne Montchanin celui du syndicat de traitement des ordures ménagères. Depuis la veille au soir, il s’attendait à trouver un tel aréopage. Il ne songeait pas à pousser plus loin les investigations lorsqu’il aperçut la liste des invités à la réception d’anniversaire de Jean-Marie.
- M. Garin donnait souvent des réceptions de cette ampleur ?
- Pour ainsi dire, jamais, il ne souhaitait pas donner à ses anniversaires un éclat particulier. Mais sa famille l’avait incité à célébrer dignement ses soixante ans.
Dignement c’était le mot, plus de deux cents personnes invitées au château de Villermet ! Blanchard ne se voyait pas régler la note. Justement, alors qu’il rangeait les classeurs, il en aperçut deux notés : « factures 1993-94 ». Sous l’œil furibond de Marie Jacquet-Rivière, il les sortit de leur rangement.
- Monsieur Blanchard, je pense que vous outrepassez vos droits, il s’agit de dépenses à caractère purement personnel.
Blanchard ignora la protestation. Il commença à éplucher le facturier. Rien que de très banal dans le contenu, pourtant quelque chose lui semblait bizarre. Voilà, au cours du premier trimestre 1993, il ne trouvait aucune facture correspondant à la location du château, pas la moindre trace d’une note de traiteur.
- C’est étrange, je ne trouve trace d’aucune facture de la réception d’anniversaire de M.Garin.
La remarque ne sembla pas perturber Marie Jacquet-Rivière.
- Si vous permettez.
Elle éplucha en vain les deux facturiers.
- Il s’agit sans doute d’un oubli de ma part.
- Voilà qui est surprenant de la part d’une personne aussi organisée. Mais je suis sûr que nous allons retrouver ces mouvements sur les comptes dont vous aviez la responsabilité. Je suppose que M.Garin avait fait appel à ses fournisseurs habituels, nous retrouverons donc sans difficulté les paiements correspondants. Je crois que cela ira, pour aujourd’hui.
- Je peux donc disposer ?
- Encore une question si vous permettez. Quelle était l’agence qui vous employait avant que vous ne rentriez au service de M.Garin ?
- Elégance, pourquoi ?
- Simple routine.
Marie Jacquet-Rivière tourna les talons. Blanchard la regarda regagner son coupé Mercédès d’un pas moins assuré.