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Pierre Mazet : Un bouquet de polars
Voilà, mon neuvième roman vient d’être publié ! La série des « Meurtres peu conventionnels » s’est arrêtée, elle était née un peu par hasard. Une nouvelle a vu le jour d’an dernier avec Pavés et poignards » qui inaugurait une trilogie autour des rêves et de dérives mai 68. Le deuxième «Du plomb dans les spaghetti » nous replonge dans l’Italie des années de plomb, durant lesquelles les Brigades Rouges ont apeuré l’Europe entière. Le troisième est en route, pour l’instant le titre est encore un secret d’Etat. En attendant, je vous retrouverai en septembre pour un nouveau feuilleton.
Episode 36
Sitôt la conversation avec Firmin terminée, Gamberti appela Blamont sur la ligne protégée. Il lui résuma la situation.
- Enfin Gamberti, pouvez-vous m’expliquer comment ces fuites ont pu être organisées ?
- Difficile à détecter Monsieur le Premier Ministre, je pense que quelqu’un essaye d’utiliser le meurtre de Jean-Marie Garin pour abattre Firmin Larteaux. Dans ce cas vous risquez d’être touché, par ricochet, s’il était de près ou de loin mêlé à l’affaire.
- Dans ce cas, il serait préférable que nous nous en séparions.
- J’agrée avec votre proposition. Mais, pour l’instant, il n’est nullement mis en cause par la justice !
- Vous oubliez l’article de la feuille de chou de son fils.
- Monsieur le Premier Ministre, si nous devions démissionner chaque fois qu’un papier-cul (excusez mon langage cru mon cher Louis), nous met en cause, la table du Conseil des Ministres serait vide !
- Et du côté d’Elégance, quel risque pour nous ?
- Ni plus, ni moins élevé que pour Jaurac et pour le candidat de gauche d’après la greffière du juge Langlois, qui est aussi mon informateur !
- Je ne veux rien savoir de vos méthodes Gamberti !
- D’accord Monsieur le Premier Ministre. Cependant, je peux vous dire que si le juge Langlois devait enquêter sur tous les hommes et femmes politiques ayant utilisé les services d’Elégance, les chéquards[1] de Panama passeraient pour des amateurs.
- J’imagine qu’en bonne place, figurent quelques-uns de nos éminents soutiens !
- J’y ajouterais quelques « Jauraciens » non moins éminents. En cherchant dans les tréfonds du dossier, nous y trouverions certainement quelques éléphants de gauche.
- Bref, M. le Garde des Sceaux, nous avons toutes raisons de penser qu’un cessez-le-feu est possible.
- Oui, à la condition que nous puissions canaliser le juge Langlois.
- Enfin, Gamberti, rencontrez ou faites rencontrer nos interlocuteurs habituels chez Jaurac et à gauche. Le message est clair : nous avons tous à perdre aux investigations de Langlois dans les affaires d’Elégance.
- Je pense que le procureur verra rapidement où est son intérêt, d’autant qu’il a été nommé par Jaurac. Nous pouvons lui demander de saucissonner l’affaire. Bref, comme il ne sait pas qui de vous ou Jaurac va l’emporter, il sera bien obligé de naviguer.
- Je ne veux rien savoir de tout cela Gamberti.
- Certes, M. le Premier Ministre, mais Quid du cas Larteaux ?
- Que me conseillez-vous ?
- Coupez, M. le Premier Ministre. Il faut bien laisser un os à ronger aux charognards. Après l’article de son gamin, il sera au moins entendu à titre de témoin voire plus. Une bonne occasion pour le démissionner.
- De toutes les façons, je lui ferai une proposition qu’il ne pourra pas refuser.
[1] Affaire réelle de la 3ème république