Partager l'article ! Descente aux enfers (38): Episode 38 - Ecoute Weber, je suis prêt à accepter to ...
Pierre Mazet : Un bouquet de polars
Voilà, mon neuvième roman vient d’être publié ! La série des « Meurtres peu conventionnels » s’est arrêtée, elle était née un peu par hasard. Une nouvelle a vu le jour d’an dernier avec Pavés et poignards » qui inaugurait une trilogie autour des rêves et de dérives mai 68. Le deuxième «Du plomb dans les spaghetti » nous replonge dans l’Italie des années de plomb, durant lesquelles les Brigades Rouges ont apeuré l’Europe entière. Le troisième est en route, pour l’instant le titre est encore un secret d’Etat. En attendant, je vous retrouverai en septembre pour un nouveau feuilleton.
Episode 38
- Ecoute Weber, je suis prêt à accepter ton offre, mais on n’a pas entendu notre ami Hubert.
- Je vous ai bien écouté, je comprends votre intérêt à vos petits arrangements, surtout pour toi, Weber puisque tu mets out un concurrent potentiel. Mais pour nous, les élections sont perdues, alors un peu de zizanie chez vous nous permettra peut-être de limiter les dégâts. Donc, nous n’avons rien à gagner à vos arrangements.
- Hubert, jette un œil à cette liste.
Le dit Hubert n’eut pas besoin d’une longue réflexion. L’énumération des personnes concernées comprenait quelques-uns uns de ses amis proches. Weber reprit la direction des débats.
- Bien, pouvons-nous arriver à un accord minimum ?
Ange reprit la parole.
- D’accord Weber, on n’ira pas vous chercher sur l’affaire Elégance.
- Nous non plus, ajouta Hubert.
- Je ne vais pas vous demander de signer, conclut Weber.
Le silence régna le temps d’une nouvelle tournée de Cognac. Les trois hommes s’installèrent dans une douce torpeur. Weber réveilla ses deux convives.
- Ange, c’est toi qui as renseigné Yves Larteaux ?
- Bien sûr, je lui ai fait déposer un petit dossier dans sa voiture.
- Et ce dossier venait du coffre de Jean-Marie Garin ?
- Tu lis trop les journaux Weber ! J’ai eu ce dossier par petits bouts. Marie Jacquet-Rivière, la fidèle secrétaire de Jean-Marie que je payais grassement, m’a tenu presque quotidiennement informé. Elle avait travaillé chez Elégance. Garin aurait dû veiller à mieux payer ses collaborateurs. Je me suis dit qu’avec Yves Larteaux, il ne serait pas perdu !
- D’accord, mais tu as pris des risques.
- Je ne pouvais imaginer qu’il fricotait avec les flics.
- On n’est jamais trop prudent Ange.
- Tu as raison, je dois me faire trop vieux pour organiser ce genre de coups tordus. Je crois que je vais me retirer dans le maquis !
- On en reparlera Ange !
- Mais Mourad, c’est bien toi qui l’a mouillé ?
- Il fallait bien que l’on fournisse un suspect présentable au juge Langlois ! Il y a un homme à nous au Commissariat de Châtel-sur-Loire.
- Si c’est Lambert, c’est l’homme de tout le monde. Mais qui s’en est pris à Jean-Marie ?
- J’ai de moins en moins d’idées mais l’important est que cette affaire ne vienne plus perturber notre jeu.
Les trois hommes se séparèrent sur ces fortes paroles. Ce soir, Gamberti allait fêter sa victoire. Il n’avait plus à craindre de voir Larteaux s’installer à Bercy et lorgner après sur Matignon.