Partager l'article ! Descente aux enfers (39): Episode 39 Le lendemain, au ministère des anciens combattants, l’allégresse n’était pas de mise. Georg ...
Pierre Mazet : Un bouquet de polars
Voilà, mon neuvième roman vient d’être publié ! La série des « Meurtres peu conventionnels » s’est arrêtée, elle était née un peu par hasard. Une nouvelle a vu le jour d’an dernier avec Pavés et poignards » qui inaugurait une trilogie autour des rêves et de dérives mai 68. Le deuxième «Du plomb dans les spaghetti » nous replonge dans l’Italie des années de plomb, durant lesquelles les Brigades Rouges ont apeuré l’Europe entière. Le troisième est en route, pour l’instant le titre est encore un secret d’Etat. En attendant, je vous retrouverai en septembre pour un nouveau feuilleton.
Episode 39
Le lendemain, au ministère des anciens combattants, l’allégresse n’était pas de mise. Georges Duchemin, le porte-parole, qui partageait habituellement ses petits déjeuners avec Firmin, s’était découvert des obligations incontournables. Sa secrétaire particulière, si chaleureuse dans leurs relations courantes, lui donnait du Monsieur le Ministre en lui apportant le parapheur. Il avait aperçu quelques conseillers préparant discrètement leurs cartons. N’ayant ni rendez-vous, ni réunion, il se mit à feuilleter la presse quotidienne. Le grand quotidien du soir, le Monde, faisait carrément sa « une » sur la gangrène de la politique française. Libération faisait de l’humour sur les manières « élégantes » de la SGEA à l’égard des élus. Même le Figaro, pourtant réputé « blamontiste » ne l’épargnait pas. Seule consolation, Bernadette Lachal, qui présentait le « vingt heures » sur FT1 avait oublié de parler de l’affaire. Elle ne savait sans doute pas encore comment soufflait le vent à Matignon. Il fut tiré de sa rêverie par un coup de téléphone de Noël Kiroski. Le Premier Ministre souhaitait le rencontrer, le plus tôt serait le mieux. Noël Kiroski lui suggéra l’entrée discrète pour éviter caméras et flashs. Comme il n’était manifestement pas question de déjeuner, quinze heures serait une heure convenable. Rien ne figurait encore sur l’agenda du Premier ministre. Il fut reçu, malgré tout dans le bureau officiel.
- Mon cher Larteaux, j’ai tenu à vous rencontrer pour vous manifester mon affection dans cette nouvelle épreuve.
Vieil hypocrite pensa Firmin.
- Merci, Monsieur le Premier Ministre
- Je n’ai pas besoin de vous redire que nous veillerons au respect le plus strict de la présomption d’innocence. Mais vous n’ignorez pas qu’il n’est pas toujours facile de se défendre lorsque l’on porte de lourdes responsabilités.
Mais bien sûr pensa Firmin !
- Alors que me suggérez-vous Monsieur le Premier Ministre ?
- Offrez votre démission mon ami !
- Mais je ne suis même pas encore entendu comme témoin !
- Cela ne devrait pas tarder et vous vous sentirez plus libre pour vous défendre.
- Je suppose que je n’ai pas le choix ?
- Nous sommes tous libre de choisir. Vous savez cependant que le président peut mettre fin à vos fonctions à tout moment. Je ne souhaite cependant pas utiliser ce moyen extrême. Cette démission ne signifie pas la fin de votre carrière politique. Lorsque la pression médiatique sera retombée, je pourrais vous offrir, par exemple, une ambassade prestigieuse.
Voyant la grimace de Firmin, Blamont ajouta.
- Rome vous déplairait-il mon ami ?
- Pas du tout Monsieur le Premier Ministre.
Rome, le palais Farnèse, que n’en avaient-ils rêvé avec Virginie ? Las, il ne voyait dans la promesse qu’un moyen de faire passer la pilule. Elle coûtait d’autant moins cher que Blamont n’avait guère de chance d’être obligé de la tenir.
- J’imagine que vous avez prévu la lettre et le communiqué ?
- En effet, j’ai une équipe de conseillers efficaces.