Partager l'article ! Descente aux enfers (43): Episode n°43 - Cela vous honore. Depuis quand occupez- ...
Pierre Mazet : Un bouquet de polars
Voilà, mon neuvième roman vient d’être publié ! La série des « Meurtres peu conventionnels » s’est arrêtée, elle était née un peu par hasard. Une nouvelle a vu le jour d’an dernier avec Pavés et poignards » qui inaugurait une trilogie autour des rêves et de dérives mai 68. Le deuxième «Du plomb dans les spaghetti » nous replonge dans l’Italie des années de plomb, durant lesquelles les Brigades Rouges ont apeuré l’Europe entière. Le troisième est en route, pour l’instant le titre est encore un secret d’Etat. En attendant, je vous retrouverai en septembre pour un nouveau feuilleton.
Episode n°43
- Cela vous honore. Depuis quand occupez-vous ce poste ?
- Depuis 1982. A cette époque, M. Larteaux a voulu moderniser la gestion des services. Il pensait que du sang neuf serait nécessaire, il a donc fait appel à moi.
- Vous travailliez déjà pour la ville ?
- Non, j’étais alors ingénieur chargé de la voirie à Lyon. J’ai répondu normalement à un appel à candidature.
- Vous avez donc été un des acteurs de la concession de distribution d’eau à la SGEA ?
- Sur le plan technique M. Lambert.
- Vous n’étiez donc pas impliqué dans l’élaboration des conditions financières du contrat ?
- Mon rôle se bornait à définir les spécifications techniques.
- Mais vous aviez bien une idée des éléments financiers. Est-ce que le prix de l’eau, aujourd’hui payé par les Châtelnois vous paraît correspondre aux prestations fournies par la SGEA ?
- Il faudrait une étude plus approfondie pour vous répondre.
- Vous voulez dire que l’on n’a pas fait d’études comparatives entre les offres de diverses sociétés ?
- Non, on m’a demandé de préparer un cahier des charges et l’on m’a indiqué l’entreprise concessionnaire.
- Qui on ?
- Le cabinet du maire, mais connaissant la réputation de la SGEA, j’étais sûr de la qualité du service.
- Donc pour vous, tout est clair dans cette concession.
- Je n’ai aucun doute.
- Vous possédez une belle villa sur les coteaux de Morigny ?
- Dès notre arrivée à Châtel, mon épouse a eu le coup de foudre pour ces coteaux ensoleillés au milieu des vignes.
- J’imagine qu’elle représente pas mal de privations ?
- En effet.
- A combien l’estimez-vous aujourd’hui ?
Jodard sentit quelques gouttes de sueur lui descendre dans le cou, il préféra desserrer un peu sa cravate.
- Comme je n’ai pas l’intention de la mettre en vente, je n’en n’ai pas la moindre idée.
- On m’a rapporté que le marbre n’y manquait pas.
- Nous avons, en effet, préféré les matériaux nobles qui ne subissent pas les outrages du temps.
- Je vais vous aider. D’après un expert immobilier, elle peut être estimée à 25 millions de francs, belle réussite pour un fonctionnaire !
- Nous en sommes assez fiers.
- D’autant que votre épouse n’exerce aucune activité. Vous avez dû passer quelques moments difficiles sur le plan financier.
La chemise de Jodard commençait à s’humidifier sérieusement.
- Vous aimez investir dans l’immobilier M. Jodard ?
- C’est une valeur sûre.
- Je comprends mieux maintenant que vous ayez acquis ce chalet au Grand Bornand. Avec 140 m2, vous pouviez inviter vos amis à skier.