Partager l'article ! Descente aux enfers (45): Episode 45 Un lourd silence s’installa. Blanchard sortit du bureau. Les atmosphères enfumés ne l’ ...
Pierre Mazet : Un bouquet de polars
Voilà, mon neuvième roman vient d’être publié ! La série des « Meurtres peu conventionnels » s’est arrêtée, elle était née un peu par hasard. Une nouvelle a vu le jour d’an dernier avec Pavés et poignards » qui inaugurait une trilogie autour des rêves et de dérives mai 68. Le deuxième «Du plomb dans les spaghetti » nous replonge dans l’Italie des années de plomb, durant lesquelles les Brigades Rouges ont apeuré l’Europe entière. Le troisième est en route, pour l’instant le titre est encore un secret d’Etat. En attendant, je vous retrouverai en septembre pour un nouveau feuilleton.
Episode 45
Un lourd silence s’installa. Blanchard sortit du bureau. Les atmosphères enfumés ne l’avaient jamais gêné, mais là, on frisait le Smog londonien. Il revint cinq minutes après avec une tasse de thé. Marie Jacquet-Rivière le remercia du regard.
- Notez que la brigade financière puisse fort bien ne pas s’intéresser aux employés subalternes. Cela dépendra de la présentation des faits. Vous savez, à Châtel-sur-Loire nous nous penchons sur le cas d’Elégance dans la mesure où elle est en relation avec le meurtre de Jean-Marie Garin. Je dois maintenant faire part de notre conversation au Commissaire Meunier qui décidera de la suite.
Sans un regard pour Marie Jacquet-Rivière, Blanchard sortit du bureau. Meunier écouta d’un air gourmand le récit de ses deux adjoints. Habituellement avare de compliment, il le ponctua d’un :
- Bon travail messieurs, maintenant quelles sont vos suggestions ?
Lambert prit la parole en premier.
- Mettre Jodard en garde à vue, il est très atteint psychologiquement ;
- Tu veux dire qu’il est prêt à cracher le morceau ;
Meunier foudroya Blanchard du regard.
- Je n’ai pas abordé avec lui le problème de ces dîners chez Jean-Marie Garin avec l’Etat major de la SGEA. Je pense qu’il aurait encore trouvé une explication, mais après une nuit dans nos locaux !
- A vous Blanchard.
- Marie Jacquet-Rivière est très forte psychologiquement même si l’armure se craquèle. Je pense qu’elle ne nous livrera le nom de la mystérieuse inconnue que si elle y voit son intérêt. Je lui ai laissé entrevoir un marché sans lui dire lequel. Je vais retourner la voir pour être plus précis. Je vais la libérer et mettre deux hommes sur ses pas. Les écoutes sont en place. Je suis sûr qu’avant de nous en dire plus, elle va la contacter. Je suggère qu’elle n’ignore rien de la mise en garde à vue de Jodard
Lambert rejoint un Jodard de plus en plus pâle.
- M. Jodard, de nombreux points restent à éclaircir. Le Commissaire Meunier a jugé que la poursuite de l’enquête nécessitait votre mise en garde à vue. Un gardien va venir procéder aux formalités.
Pendant ce temps, Blanchard avait rejoint Marie Jacquet-Rivière.
- Le Commissaire Meunier a décidé de vous laisser le temps de la réflexion. Si vous acceptez de nous aider dans l’affaire Jean-Marie Garin, nous tenterons d’obtenir la bienveillance de la brigade financière.
- Comment puis-je vous être utile ?
- En nous aidant à trouver la mystérieuse inconnue qui hante la chambre de Jean-Marie Garin. Vous êtes libre.
En sortant du bureau, elle croisa Jodard, hagard, dépouillé de sa cravate, de ses lacets, de sa ceinture. Coincé entre deux gardiens, il marchait en canard, tentant d’éviter la chute de son pantalon.