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    <title><![CDATA[auteur de polars : Pierre Mazet]]></title>
    <link>http://www.pierre-mazet.com/</link>
    <description>Blog d'un auteur de polar qui mêle avec astuce intrigue et histoire. Venez découvrir ses énigmes finement ficelées, ses personnages soigneusement ciselés. Il vous promène au gré des époques dans  les villes à forte personnalité.. En plus, il vous offre un feuilleton policier. Toutes les semaines, rendant hommage à Simenon, vous pourrez lire un nouvel épisode du « crime de la rue blanche »</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[auteur de polars : Pierre Mazet]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/</link>
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    <pubDate>Thu, 18 Mar 2010 13:47:12 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 18 Mar 2010 13:47:12 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Pierre Mazet</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Mes étapes prochaines]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-mes-etapes-prochaines-46923119.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: center;">
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Je participerais au festival "Polar en plein coeur" les 12 et juin 2010<br></span><br>
    <img width="300" src="http://img.over-blog.com/300x83/2/51/36/95/polar-aile.jpg" alt="polar-aile.jpg" height="83" class="noAlign"><br>
    <br>
    <br>
    <a href="http://www.livreaile.fr/"><span style="font-size: 14pt;">http://www.livreaile.fr/</span></a>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 18 Mar 2010 12:40:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-mes-etapes-prochaines-46923119.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-mes-etapes-prochaines-46923119-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ellroy (suite)]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-ellroy-suite--43757243.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <b>Œuvre</b>
  </p>
  <p>
    Le style d'Ellroy s'affirme par une inventivité verbale crue et acide, dépeignant avec rudesse les recoins sombres de la société américaine. La littérature noire est un espace critique mis à
    profit par les auteurs pour développer des mondes ambivalents, des personnages complexes aux moralités floues, des récits politiques et des vues sociologiques. Ellroy ne déroge pas à la règle.
  </p>
  <p>
    Ellroy emploie dans certains de ses romans (notamment dans les deux premiers de la trilogie <em>Underworld U.S.A</em>&nbsp;: <em>American Tabloïd</em> et de façon encore plus prononcée dans
    <em>American Death Trip<sup><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Ellroy#cite_note-8">[9]</a></sup></em>) un style dépouillé à l'extrême, délibérément télégraphique, type&nbsp;: "Sujet
    verbe complément. Sujet verbe complément." Du point de vue de l'auteur, ce style est employé "pour une raison&nbsp;: redéfinir le language. Redéfinir le langage car c'est la seule façon de
    décrire l'extrême violence de la narration, c'est-à-dire la violence de l'Histoire, et de la même façon, la violence de la vie intérieure et extérieure des trois personnages principaux."
    (Interview d'Ellroyau sujet du livre <em>American Death Trip</em>)
  </p>
  <p>
    A l'instar d'un Melville retranscrivant le vocabulaire des marins de son époque et l'utilisant dans son <em>Moby Dick</em>, Ellroy reprend avec une précision étonnante l'argot ("slang" en
    anglais) et les expressions des policiers et de la pègre des années 1950 et 1960. Sont également présents dans les livres de la trilogie <em>Underworld USA</em> l'argot des "Klansmen"
    (Ku-Klux-Klan) des états du sud des USA, et le jargon employé par les militants du mouvement nationaliste noir américain des années 60 (dans <em>Blood's a Rover</em>, littéralement&nbsp;: "Le
    sang circule"). Cette trilogie représente un travail titanesque, enrichi de références scrupuleuses, qui revêt une dimension historique. Ellroy mêle personnages réels et personnages fictifs, sur
    une trame de faits historiques avérés, interprétés à sa façon. Il s'intéresse aux coulisses du pouvoir des administrations Kennedy, Johnson, puis Nixon, ainsi qu'au fonctionnement des pratiques
    policières du F.B.I. notamment, à travers le personnage omnipotent et diabolique que représente J. Edgar Hoover dans ces trois romans.
  </p>
  <p>
    James Ellroy, au cours de sa carrière, s'est inspiré des pionniers du roman noir tel Raymond Chandler, auteur du <em>Big Sleep</em>, auquel fait écho son <em>Big Nowhere</em>.
  </p>
  <p>
    <b>Personnages</b>
  </p>
  <p>
    Galerie non exhautive des personnages les plus représentatifs de l'œuvre de James Ellroy&nbsp;:
  </p>
  <ul>
    <li>Daniel Thomas Upshaw, ou Danny Upshaw, (1922-1950)&nbsp;: Inspecteur adjoint à la brigade criminelle d'Hollywood Ouest. Un des personnages sans doute les plus attachants que n'ait jamais créé
    Ellroy. Flic désabusé du <em>Grand Nulle Part</em>, il découvre son homosexualité à travers une enquête sur une série de meurtres avec mutilations.
    </li>
    <li>Dudley Liam Smith&nbsp;: Flic d'une carrure imposante, rougeaud de figure, irlandais et à l'accent chantant. Figure emblématique du LAPD. Seul personnage récurrent, à la fois dans trois des
    livres du Quatuor de Los Angeles (<em>Le Grand Nulle Part</em>, <em>L.A. Confidential</em> et <em>White Jazz</em>) ainsi que dans <em>Clandestin</em>. L'as de la "contention" du crime à Los
    Angeles.
    </li>
    <li>Lloyd Hopkins&nbsp;: Sergent du LAPD à l'intelligence élevée. Sens de la droiture. Il dit vouloir sauver les "innocences". Héros de <em>Lune Sanglante</em>, <em>A cause de la Nuit</em> et de
    <em>La colline aux suicidés</em>.
    </li>
    <li>Martin Michael Plunkett&nbsp;: principal protagoniste d' <em>Un tueur sur la route</em>, ce tueur en série coupable de plusieurs dizaines de meurtres sexuels couvrant tout le territoire des
    États-Unis sur une période de dix années relate son parcours criminel dans une sorte de journal-testament. Son degré d'auto-analyse permet une description très fine de sa psychologie, ce qui fait
    de lui un serial killer très réaliste, loin des clichés habituels.
    </li>
    <li>Pete Bondurant&nbsp;: maquereau et dealer d'Howard Hugues, tueur professionnel et "roi de l'extorsion" pour la pègre. Apparaît brièvement dans <em>White Jazz</em>. Il est l'un des trois
    personnages principaux des livres <em>American Tabloid</em> et <em>American Death Trip</em>. Uniquement guidé au départ par l'appât du gain, il se caractérise ensuite par une volonté farouche de
    survivre à tout prix.
    </li>
  </ul>
  <h3>
    Romans [
  </h3>
  <ul>
    <li>
      <a title="1981 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1981_en_litt%C3%A9rature">1981</a>&nbsp;: <a title="Brown's Requiem (page inexistante)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Brown%27s_Requiem&amp;action=edit&amp;redlink=1"><em>Brown's Requiem</em></a>
    </li>
    <li>
      <a title="1982 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1982_en_litt%C3%A9rature">1982</a>&nbsp;: <a title="Clandestin (James Ellroy) (page inexistante)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Clandestin_%28James_Ellroy%29&amp;action=edit&amp;redlink=1"><em>Clandestin</em></a> (<em>Clandestine</em>)
    </li>
    <li>
      <a title="1986 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1986_en_litt%C3%A9rature">1986</a>&nbsp;: <a title="Un tueur sur la route (page inexistante)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Un_tueur_sur_la_route&amp;action=edit&amp;redlink=1"><em>Un tueur sur la route</em></a> (<em>Killer on the Road</em> ou <em>Silent Terror</em>)
    </li>
  </ul>
  <h3>
    Trilogie Lloyd Hopkins
  </h3>
  <ul>
    <li>
      <a title="1984 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1984_en_litt%C3%A9rature">1984</a>&nbsp;: <a title="Lune sanglante" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lune_sanglante"><em>Lune
      sanglante</em></a> (<em>Blood on the Moon</em>) (I)
    </li>
    <li>
      <a title="1984 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1984_en_litt%C3%A9rature">1984</a>&nbsp;: <a title="À cause de la nuit (page inexistante)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=%C3%80_cause_de_la_nuit&amp;action=edit&amp;redlink=1"><em>À cause de la nuit</em></a> (<em>Because the Night</em>) (II)
    </li>
    <li>
      <a title="1986 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1986_en_litt%C3%A9rature">1986</a>&nbsp;: <a title="La Colline aux suicidés (page inexistante)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=La_Colline_aux_suicid%C3%A9s&amp;action=edit&amp;redlink=1"><em>La Colline aux suicidés</em></a> (<em>Suicide Hill</em>) (III)
    </li>
  </ul>
  <h3>
    <a title="Quatuor de Los Angeles" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Quatuor_de_Los_Angeles">Quatuor de Los Angeles</a>
  </h3>
  <ul>
    <li>
      <a title="1987 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1987_en_litt%C3%A9rature">1987</a>&nbsp;: <a title="Le Dahlia noir (roman)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dahlia_noir_%28roman%29"><em>Le Dahlia noir</em></a> (<em>The Black Dahlia</em>) (I)
    </li>
    <li>
      <a title="1988 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1988_en_litt%C3%A9rature">1988</a>&nbsp;: <a title="Le Grand Nulle part" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Nulle_part"><em>Le Grand Nulle part</em></a> (<em>The Big Nowhere</em>) (II)
    </li>
    <li>
      <a title="1990 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1990_en_litt%C3%A9rature">1990</a>&nbsp;: <a title="L.A. Confidential" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/L.A._Confidential"><em>L.A. Confidential</em></a> (III)
    </li>
    <li>
      <a title="1992 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1992_en_litt%C3%A9rature">1992</a>&nbsp;: <a title="White Jazz (page inexistante)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=White_Jazz&amp;action=edit&amp;redlink=1"><em>White Jazz</em></a> (IV)
    </li>
  </ul>
  <h3>
    Trilogie <a title="Underworld USA" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Underworld_USA">Underworld USA</a>
  </h3>
  <ul>
    <li>
      <a title="1995 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1995_en_litt%C3%A9rature">1995</a>&nbsp;: <a title="American Tabloïd" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/American_Tablo%C3%AFd"><em>American Tabloïd</em></a> (I)
    </li>
    <li>
      <a title="2001 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2001_en_litt%C3%A9rature">2001</a>&nbsp;: <a title="American Death Trip" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/American_Death_Trip"><em>American Death Trip</em></a> (<em>The Cold Six Thousand</em>) (II)
    </li>
    <li>
      <a title="2010 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2010_en_litt%C3%A9rature">2010</a>&nbsp;: <a title="Underworld USA (Blood's a Rover)" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/Underworld_USA_%28Blood%27s_a_Rover%29"><em>Underworld USA (Blood's a Rover)</em></a> (III)
    </li>
  </ul>
  <h3>
    Autobiographie
  </h3>
  <ul>
    <li>
      <a title="1996 en littérature" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1996_en_litt%C3%A9rature">1996</a>&nbsp;: <a title="Ma part d'ombre" href=
      "http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma_part_d%27ombre"><em>Ma part d'ombre</em></a> (<em>My Dark Places</em>)
    </li>
  </ul>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 17:37:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-ellroy-suite--43757243.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-ellroy-suite--43757243-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ellroy : un géant américain.]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-ellroy-un-geant-americain--43255375.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt;">Vous avez pu le voir dans la "Grande librairie" sur France 5... voici un peu de sa vie<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">James Ellroy est né à l'hôpital du Bon Samaritain de Los Angeles le 4&nbsp;mars&nbsp;1948 d'un père comptable (Armand Ellroy) de 50 ans et d'une mère infirmière
    d'origine allemande. Ses parents divorcent six ans plus tard. Sa mère obtient la garde de l'enfant. Celui-ci a dix ans lorsque sa famille emménage dans un quartier populaire de Los Angeles, El
    Monte. James est déjà un lecteur fervent de littérature policière. A ce propos, il dira&nbsp;: «&nbsp;J'étais un lecteur vorace&nbsp;»</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Geneva Hilliker Ellroy (1915-1958), sa mère, est assassinée le 22&nbsp;juin&nbsp;1958 et retrouvée par une bande de jeunes près du lycée Arroyos. L'assassin ne sera
    jamais arrêté. James est confié à un père bienveillant, mais il est livré à lui-même. Il sombre peu à peu dans la délinquance. C'est à cette époque qu'il commet ses premiers cambriolages. Il fait
    la connaissance de Randy Rice en 1961, à qui est d'ailleurs dédié <em>Brown's Requiem</em>. Ils sont deux petits voyous qui font les quatre cents coups, partageant leur goût pour les romans
    noirs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">James Ellroy se fait renvoyer du collège à 17 ans, sans diplôme. Alors que la santé de son père se dégrade, Ellroy s'engage dans l'armée en 1965 et fait ses armes
    en Louisiane. Le père succombe rapidement d'une crise cardiaque. Sa mort marque le début d'une lente descente aux enfers. Ellroy se fait réformer de l'armée, il retrouve son ami Randy et sombre
    avec lui dans la consommation d'alcool et de drogue.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Ellroy vit plus de dix ans sans domicile, parfois dans de petites chambres d'hôtel miteuses, de boulots sporadiques, de larcins, dormant dans les parcs,
    s'introduisant chez les gens, moins pour cambrioler (il vole des sous-vêtements, de l'alcool, de l'herbe, des cartes de crédit), que pour ressentir le grand frisson, déclarera-t-il plus
    tard.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">En 1975, un abcès au poumon ainsi qu'une double pneumonie le font renoncer aux abus d'alcool. Il prend des amphétamines jusqu'en 1977, avant d'arrêter
    définitivement toutes substances toxiques. Il brise le cercle infernal dans lequel il s'est enfermé. Il devient caddie de golf à Los Angeles et commence une vie plus rangée. En 1978, il s'inspire
    de son expérience de caddie, de son amour pour la musique classique, pour poser la trame de fond d'un premier roman&nbsp;: <em>Brown's Requiem</em>, publié en 1981, et écrit selon son auteur
    «&nbsp;debout, dans une chambre d'hôtel miteuse&nbsp;». Il poursuit avec <em>Clandestin</em> (1982), tente de donner corps à une autre de ses obsessions, le gangstérisme juif des années trente et
    quarante, dans <em>Confessions of Bugsy Siegel</em>, mais le livre ne verra jamais le jour</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Ses agents de l'époque, Otto Penzler et Nat Sobel, le convainquent de réécrire <em>American Death Trap</em>, livre complètement fou, qui donnera finalement <em>Lune
    Sanglante</em>. C'est à partir de ce moment que débute la série des <em>Lloyd Hopkins</em> (1984 - 1986), et au-delà, le commencement de sa carrière littéraire. Cette série n'est pas menée à
    terme (cinq opus étaient initialement prévus), James Ellroy ayant décidé d'abandonner le personnage de Lloyd Hopkins, trop encombrant à ses yeux. En réalité, les motivations de l'écrivain sont
    ailleurs, écrire un livre sur le Dahlia Noir, avant que quelqu'un d'autre ne s'en empare.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il publie ensuite <em>Un tueur sur la route</em> qui est le récit à la première personne du parcours d'un «&nbsp;serial killer&nbsp;». Cet ouvrage est devenu une
    des références majeures des écoles de formation de policiers tant il décrit avec précision la psychologie de la majeure partie des tueurs en série.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il se lance ensuite dans l'écriture du livre qui lui fera connaître la célébrité&nbsp;: <em>Le Dahlia Noir</em>, qui est une œuvre de fiction basée sur une histoire
    vraie légendaire du Los Angeles des années quarante, à savoir le meurtre le plus sanglant et le plus sadique qu'ait connu la ville&nbsp;; meurtre d'une jeune starlette, Elizabeth Short, qui a été
    surnommée Le Dahlia noir par un journaliste, en référence au <em>Dahlia Bleu</em>, film de série B de l'époque avec Veronica Lake notamment, qui a marqué les esprits. L'affaire du Dahlia Noir
    n'a, à proprement parler, jamais été résolue. James Ellroy semble avoir utilisé ce fait-divers, pour commencer à exorciser le souvenir du meurtre de sa propre mère qui a eu lieu environ 11 ans et
    5 mois après celui du dahlia, Elizabeth Short ayant été assassinée en janvier 1947. En réalité, James Ellroy a découvert cette histoire dans un livre que son père lui avait offert pour ses dix
    ans, quelques mois avant le meurtre de sa mère, d'où la «&nbsp;providence&nbsp;», le livre s'intitulant <em>The Badge</em> de Jack Webb, lequel a été quarante ans plus tard, préfacé par Ellroy
    lui-même. Dans <em>L.A. Confidential</em>, Jack Vincennes est inspiré de Jack Webb, flic vertueux et de droite du LAPD.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il écrira à la suite trois autres romans ayant pour cadre la ville de Los Angeles dans les années 1940-1950 et pour thème le crime et la corruption. Il s'agit
    de&nbsp;: <em>Le Grand Nulle Part</em>, <em>L.A. Confidential</em> et <em>White Jazz</em><em>Quatuor</em> apparaissent déjà dans <em>Clandestin</em>, comme Dudley L. Smith).</span> (certains des
    personnages du
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Toujours obsédé par l'histoire de sa mère il va tenter de résoudre, près de 40 ans après les faits, le meurtre de sa mère avec l'aide d'un policier de L.A. à la
    retraite (Bill Stoner). Ce sera l'occasion pour lui de retracer le parcours de sa mère et de se réconcilier avec elle, donc avec une part de lui même. Il en écrira le récit dans un livre
    autobiographique&nbsp;: <em>Ma part d'ombre</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il se présente comme un ermite vivant en vase clos pour éviter que l'univers de ses romans, qui se passent dans les années 1940 à 1970, soit perturbé par le monde
    contemporain</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Après avoir fui son Los Angeles natal et vécu à New York, Kansas City, il revient vivre à Los Angeles à partir de 2006. Il se sépare à cette époque d'Helen Knode,
    journaliste et écrivain, à qui est d'ailleurs dédié <em>White Jazz</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">James Ellroy est à présent l'un des auteurs de roman noir américains les plus populaires, bien que peu apprécié et peu lu dans son pays. Il a publié plus de quinze
    romans en trente ans. Il parle sans concession de ses années difficiles dans <em>Destination morgue</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">En attendant le troisième et dernier volume de la trilogie <em>Underworld U.S.A.</em> (été 2009 aux États-Unis, janvier 2010 en France&nbsp;: d'ailleurs, le titre
    du dernier volume ne sera pas <em>American Madness</em>, comme annoncé depuis plusieurs années mais <em>Underworld USA</em>), les Éditions Payot &amp; Rivages publient en octobre 2007 deux
    ouvrages&nbsp;: un essai réactualisé sur Ellroy, <em>Revue Polar Spécial James Ellroy</em> (déjà publiée en 1992) et <em>Tijuana mon amour</em>, qui contient la nouvelle <em>Tijuana mon
    amour</em>, deux nouvelles publiées dans la version américaine de <em>Destination:morgue!</em> ainsi que des articles publiés par le magazine américain GQ entre septembre 1998 et juillet
    2002.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">En 2008, James Ellroy est au scénario de <em>Au bout de la nuit</em>, film sorti aux États-Unis en avril 2008, avec notamment Keanu Reeves dans le rôle principal.
    Il avait déjà, en 2002, écrit le scénario de <em>Dark Blue</em> (de Ron Shelton, avec Kurt Russell).</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jan 2010 18:43:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-ellroy-un-geant-americain--43255375.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-ellroy-un-geant-americain--43255375-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La princesse des glaces]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-la-princesse-des-glaces-41647908.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 14pt;"><b><span style="color: #000000;">La princesse de glaces (Camilla Läckberg</span></b></span>)
  </p>
  <p>
    <span style="text-decoration: underline;"><em><span style="font-size: 12pt;">Le livre</span></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés
    d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit
    ici à l’œuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société
    provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Au-delà d’une maîtrise évidente des règles de l’enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et – tout à
    fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol – disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="text-decoration: underline;"><em>&nbsp;</em></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="text-decoration: underline;"><em><span style="font-size: 12pt;">L’auteur</span></em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Camilla Läckberg, née le 30 août 1974, est à ce jour l’auteur de cinq polars ayant pour héroïne Erica Falck et dont l’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, port
    de pêche de la côte ouest en Suède, qui eut son heure de gloire mais désormais végète. En Suède, tous ses ouvrages se sont classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années, au coude à
    coude avec Millénium de Stieg Larsson</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ce polar de la suédoise Camille Läckberg contient tous les ingrédients d’un livre que l’on n’a pas envie de lâcher avant de l’avoir terminé. L’écriture est
    extrêmement contemporaine ce qui en facilite la lecture. Ceux qui ont lu ‘Millénium’ de Stieg Larsson auraient tendance à vouloir comparer les deux auteurs édités chez la même maison française.
    Cependant, ni les personnages, ni l’intrigue n’ont la même consistance. Hormis quelques points communs aux deux polars&nbsp;: la toile de fond (un petit village suédois), la collaboration
    informelle d’un duo mixte et la romance entre les deux principaux protagonistes, rien ne permet vraiment de les comparer. Le duo Erica Falck et Patrik Hedström de Camille Läckberg sont plus
    terre-à-terre et moins imprévisibles que le couple Blomkvist et Salander de Stieg Larsson. ‘La Princesse des glaces’ est un livre agréable à lire avec suffisamment de suspens pour ne pas avoir
    envie de s’arrêter en milieu de chemin. On ne retrouve la tranquillité qu’après avoir lu la dernière page. Certains personnages et leurs histoires y sont en sus, ce qui donne une impression de
    longueur au livre. Cependant mis à part ces quelques passages dont on ne voit pas l’utilité, l’histoire est assez prenante.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Dec 2009 17:01:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-la-princesse-des-glaces-41647908.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-la-princesse-des-glaces-41647908-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Denis Lehane : Un pays à l'aube]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-denis-lehane-un-pays-a-l-aube-39284646.html</link>        <description><![CDATA[<p align="center">
    Dennis Lehane&nbsp;: Un pays à l'aube&nbsp;:
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <b>Résumé</b>
  </h3>
  <h3>
    &nbsp;
  </h3>
  <p>
    En 1918, Babe Ruth, gloire montant du base-ball, est tenu avec ses coéquipiers en échec dans une partie jouée lors d'une panne de train contre des Noirs, et notamment par un joueur très doué,
    Luther Laurence. Celui-ci se retrouve serviteur chez la famille Coughlin, des Irlandais dont le patriarche domine ses trois fils, en particulier Danny, l'aîné tête brûlée et policier qui joue à
    l'espion..
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3>
    <b>Quatrième de couverture</b>
  </h3>
  <h3>
    &nbsp;
  </h3>
  <p>
    L'Amérique se remet difficilement des soubresauts de la Première Guerre mondiale. De retour d'Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois, souvent occupés par des Noirs en leur absence.
    L'économie est ébranlée, le pays s'est endetté et l'inflation fait des ravages. La vie devient de plus en plus difficile pour les classes pauvres, en particulier dans les villes. C'est sur ce
    terreau que fleurissent les luttes syndicales, que prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, et aussi les premiers mouvements de défense de la cause noire.
  </p>
  <p>
    En septembre 1918, Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l'Ohio, est amené par un étonnant concours de circonstances à disputer une partie de base-ball face à Babe Ruth, étoile montante de ce
    sport. Une expérience amère qu'il n'oubliera jamais.
  </p>
  <p>
    Au même moment, l'agent Danny Coughlin, issu d'une famille irlandaise et fils aîné d'un légendaire capitaine de la police de Boston, pratique la boxe avec talent. Il est également chargé d'une
    mission spéciale par son parrain, le retors lieutenant McKenna, qui l'infiltre dans les milieux syndicaux et anarchistes pour repérer les «fauteurs de troubles» puis les expulser du territoire
    américain.
  </p>
  <p>
    A priori Luther et Danny n'ont rien en commun. Le destin va pourtant les réunir à Boston en 1919, l'année de tous les dangers. Tandis que Luther fuit son passé, Danny cherche désespérément le
    sens de sa vie présente, en rupture avec le clan familial. Dans une ville marquée par une série de traumatismes, une ville où gronde la révolte, la grève des forces de police va mettre le feu aux
    poudres.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <b>L’auteur&nbsp;: Dennis Lehane&nbsp;</b>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Dennis Lehane est tout d'abord l'auteur d'une ville, Boston, cadre permanent des intrigues de ses romans à l'exception notable de <em>Shutter island</em>. Ses cinq premiers romans, d'<em>Un
    dernier verre avant la guerre</em> jusqu'à <em>Prières pour la pluie</em> mettent en scène un tandem de détectives privés, Kenzie &amp; Gennaro qui entretiennent une relation d'amitié amoureuse
    aussi tendre que houleuse.
  </p>
  <p>
    À la perfection d'intrigues particulièrement noires qui reflètent la dureté d'une grande ville américaine aujourd'hui, Lehane oppose souvent la légèreté d'un style d'écriture très ironique. Son
    thème de prédilection restant l'enfance maltraitée, séquelle de son ancienne activité d'éducateur auprès d'enfants en difficulté dans laquelle il puise des accents de vérité qui donnent toute
    leur ampleur, et leur importance, à ses livres. Le quatrième opus de la série Kenzie-Gennaro, <em>Gone baby, gone</em>, atteint à ce titre des sommets d'intensité dramatiques rarement atteints
    dans le polar contemporain.
  </p>
  <p>
    <em>Mystic river</em> deviendra son roman le plus célèbre suite à l'excellente et très fidèle adaptation qu'en fera Clint Eastwood, et même si l'on peut, <em>a posteriori</em>, reprocher au livre
    quelques longueurs dans son dénouement, ainsi qu'une certaine démesure dans le pathos (à laquelle l'histoire, terrible, se prête admirablement), il demeure un modèle de construction et donne la
    pleine mesure de la puissance de cet auteur que beaucoup ont considéré, dès son premier livre, comme un futur (très) grand du roman noir.
  </p>
  <p>
    Pour preuve "Shutter Island", moins bien accueilli aux États-Unis que ses précédents, qui opère un virage inattendu et d'une belle virtuosité autour d'une sorte de mystère de chambre close... sur
    une île pénitentiaire pour fous criminels dont s'échappe une folle matricide. Situé dans les années 50, <em>Shutter island</em> est, pour certains, un pur chef-d'œuvre, un modèle de savoir-faire
    littéraire autant qu'une parabole étonnante sur la schizophrénie&nbsp;; pour d'autres&nbsp;: une supercherie littéraire.
  </p>
  <p>
    "Coronado", sa première pièce, fut présentée pour la première fois à New York en 2005 puis publié sous la forme d'un recueil d'histoires courtes.
  </p>
  <p>
    Paru en janvier 2009, son dernier roman, <em>Un pays à l'aube</em>, est à part dans l'œuvre de Dennis Lehane. Roman historique, il traite essentiellement du Boston de l'immédiat après-première
    guerre mondiale, et notamment du mouvement des policiers de la ville pour faire respecter leurs droits.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Nov 2009 08:05:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-denis-lehane-un-pays-a-l-aube-39284646.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-denis-lehane-un-pays-a-l-aube-39284646-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Simenon : un écrivain hors du commun (17)]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-simenon-un-ecrivain-hors-du-commun-17--37898102.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;">
    <b><span style="font-size: 18pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">La "retraite"</span></b>
  </p>
  <p style="text-align: justify; line-height: normal;">
    <a href="http://www.ulg.ac.be/libnet/simenon/imq0077.htm"></a><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">Alors que Teresa est entrée dans sa vie un
    peu par hasard après avoir été une garde-malade attentionnée (Simenon s’était fracturé sept côtes en tombant dans sa salle de bains), l’écriture devient de plus en plus une corvée pour le
    romancier. Début février&nbsp;1972, il écrit <em>Maigret et Monsieur Charles</em> et prend sa décision&nbsp;: ce sera sa dernière œuvre romanesque. Pour autant, Simenon ne renonce pas à
    l’écriture. Simplement, elle va prendre une autre forme, beaucoup moins éprouvante que la rédaction d’un roman. Sa matière va lui être fournie à la fois par l’actualité et ses souvenirs, sans
    souci de rigueur&nbsp;: il confie donc ses "&nbsp;pensées&nbsp;" à un magnétophone afin d’éviter toute fatigue… Une vingtaine de volumes, intitulés "&nbsp;<em>Les Dictées</em>&nbsp;", seront
    publiés de 1975 à 1981 à raison de trois par an en moyenne. La plupart des commentateurs de l’œuvre s’accordent à dire que ce bavardage désordonné n’apporte pas grand-chose, ni sur le plan
    littéraire, ni même du point de vue autobiographique… De cette période, on retiendra cependant <em>Lettre à</em> <em>ma mère</em> (1974), mentionnée plus haut, dans laquelle Simenon met toute sa
    sincérité&nbsp;: la forme de ce livre est également digne d’intérêt, du moins peut-on y discerner une certaine unité.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;"><span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Avec l’arrêt de son activité de romancier en 1972,
    Simenon décide aussi de marquer cette coupure en quittant son immense maison d’Epalinges. On est habitué à cette façon de faire, mais cette fois, le contraste doit être fort. Il abandonne
    symboliquement les lieux de l’écriture, d’abord pour un appartement de l’avenue de Cour à Lausanne, puis pour "&nbsp;la petite maison rose&nbsp;" de l’avenue des Figuiers dans cette même ville.
    Le retraité du lac Léman fait sa promenade quotidienne au bras de Teresa, qu’il présente à tout le monde comme la femme dont il a toujours rêvé. Malgré des ennuis de santé, Simenon connaît
    quelques moments de bonheur, alors que Denyse ne le harcèle plus que par avocats interposés. Le répit est pourtant de courte durée. En 1978, un coup de fil de son fils Marc lui apprend une
    terrible nouvelle&nbsp;: sa fille Marie-Jo vient de se suicider en se tirant une balle de pistolet dans la poitrine… C’est l’effondrement bien compréhensible d’un père qui redoutait cependant un
    malheur depuis ces dernières années. Marie-Jo n’a jamais été une enfant très équilibrée&nbsp;: cette jeune fille de 25 ans souffre de terribles angoisses qu’elle tente d’apaiser, comme sa mère,
    par des séjours en clinique psychiatrique. Ce drame ébranle le vieil homme, d’autant que Denyse lui fait endosser la responsabilité de ce suicide&nbsp;: les deux livres qu’elle publie accusent en
    effet un père qu’elle juge autoritaire, violent et irresponsable.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;"><span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; display: none;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">Après quelques mois de silence, Simenon décide de se justifier aux yeux de ses lecteurs et entreprend
    d’écrire les <em>Mémoires intimes</em>, un gros livre dans lequel il met à nouveau toute son énergie. Le ton superficiel des Dictées n’est plus de mise, et il renoue avec <em>Je me souviens</em>
    ou <em>Quand j’étais vieux</em>&nbsp;: la sincérité est proclamée dès les premières lignes, même si on doit se montrer sceptique à propos de sa relation de certains événements. Ce texte, publié
    en 1981, est la dernière œuvre de Simenon, un testament traversé par l’émotion lorsqu’il évoque sa fille, mais aussi un long règlement de comptes avec Denyse. D’une façon symbolique, il fera ses
    adieux à la littérature et à la télévision en participant peu après la parution des <em>Mémoires intimes</em> à un "&nbsp;Apostrophe&nbsp;" spécial de Bernard Pivot, qui lui est entièrement
    consacré.<span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">Désormais, l’écrivain va s’effacer progressivement et se replier dans son petit studio de l’avenue des
    Figuiers&nbsp;: seuls quelques amis sont autorisés à lui rendre visite et la presse, il ne la reçoit plus. En 1984, il est opéré d’une tumeur au cerveau et se rétablit plutôt bien, ne quittant
    plus un instant sa compagne Teresa avec qui il fait encore quelques promenades au bord du lac Léman. Mais à partir de 1987, sa santé se dégrade brusquement&nbsp;: la paralysie gagne en effet le
    bras gauche et les jambes, et il doit se déplacer en chaise roulante. Sa dernière interview accordée à la télévision suisse en décembre&nbsp;1988 laissera le souvenir d’un homme très diminué. Il
    s’affaiblit de mois en mois, devenant silencieux avec son entourage au cours de l’année 1989. Après un bref séjour dans un hôtel de Lausanne, Georges Simenon s’éteint paisiblement dans la nuit du
    3 au 4&nbsp;septembre 1989&nbsp;: ses trois fils apprendront la nouvelle par la presse selon les dispositions du testament…</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">Dans la presse mondiale, la mort de Simenon fait la "&nbsp;une&nbsp;" des journaux&nbsp;: c’est surtout
    au "&nbsp;père&nbsp;" de <em>Maigret</em> que l’on rend hommage, à grands coups de chiffres plus ou moins fantaisistes, tandis que l’auteur des "&nbsp;romans durs&nbsp;" est souvent oublié. Une
    dernière fois Simenon est victime des médias qui ont contribué à forger une légende dont il est en grande partie responsable.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Courier New&quot;;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>

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        <pubDate>Tue, 20 Oct 2009 21:37:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-simenon-un-ecrivain-hors-du-commun-17--37898102.html</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[Simenon : un écrivain hors du commun (6)]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-35265188.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    En 1952, Georges Simenon décide de faire un voyage en Europe&nbsp;: ce sera une tournée triomphale à Paris où il est reçu partout et notamment au siège de la Police judiciaire, 36 quai des
    Orfèvres . Pierre Assouline raconte cette visite dans sa biographie de Georges Simenon :
  </p>
  <p>
    "18 avril . Réception officielle au 36, quai des Orfèvres, le siège de la Police judiciaire, avec un grand déjeuner à la clef. L’écrivain est accueilli par le préfet, des commissaires et des
    inspecteurs comme s’il était de la famille. Visite des locaux. Odeurs, couleurs, ambiance. Il se croirait dans ses romans. A ceci près que ses différents "&nbsp;modèles&nbsp;" de Maigret sont à
    la retraite ; quant au poêle que son héros aimait tisonner, il a été remplacé par le chauffage central. Au moment du départ, remise solennelle d’une plaque de commissaire n° 0000 au nom de
    Maigret . Simenon en fera un porte-clefs. Surpris une fois en flagrant délit d’excès de vitesse, il s’en servira pour se débarrasser des gendarmes... "
  </p>
  <p>
    &nbsp;(Pierre ASSOULINE, <em>Simenon</em>, <em>biographie</em>, Julliard, 1992, p. 437)
  </p>
  <p>
    <a href="http://www.ulg.ac.be/libnet/simenon/imj0009.htm"></a>Au mois de mai 1952, Georges Simenon se rend dans sa ville natale de Liège. Il préfère arriver un jour à l’avance pour voir sa mère
    seul. Le lendemain, le romancier traverse son quartier d’Outremeuse escorté par une meute de journalistes, puis est reçu par son ancien directeur à la <em>Gazette de Liége</em> et enfin le soir
    par les autorités municipales. Georges Simenon est donc accueilli en héros dans sa ville mais il y a quelques ombres au tableau. Ce sont d’abord les tracasseries judiciaires qui font suite à la
    publication de <em>Pedigree</em> : depuis la parution en 1948 de ce "&nbsp;roman&nbsp;" fortement autobiographique, plusieurs de ses compatriotes se reconnaissent dans l’un des personnages et lui
    intentent un procès. La confrontation avec les plaignants et d’une manière générale avec toutes les personnes qui cherchent à obtenir facilement un peu d’argent l’incite à ne pas prolonger son
    séjour à Liège.
  </p>
  <p>
    La troisième étape importante du voyage de 1952 est pour Bruxelles : ses compatriotes lui offrent en effet d’être membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
    Simenon accepte ce fauteuil et prononce un discours devant les académiciens belges et de nombreux invités français comme Marcel Pagnol, Pierre Benoit ou Georges Duhamel... Après cette élection,
    le romancier regagne assez rapidement Paris où il retrouve de vieux amis avec lesquels il se sent beaucoup plus à l’aise... Simenon a été flatté par cet honneur mais n’a jamais été très à l’aise
    dans le milieu des belles-lettres...
  </p>
  <p>
    <b>Retour en Europe</b>
  </p>
  <p>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La naissance de Marie-Jo le 23 février&nbsp;1953 est encore un moment de bonheur pour cet homme qui a
    toujours rêvé d’avoir une fille alors que l’ambiance familiale se dégrade progressivement. Deux ans plus tard, Simenon décide de rentrer définitivement en Europe, presque sur un coup de tête. Au
    printemps 1955, Simenon débarque ainsi en France mais n’envisage plus de vivre à nouveau à Paris, la capitale ayant à ses yeux perdu tous ses charmes. C’est dans le midi de la France, à Mougins,
    puis sur les hauteurs de Cannes qu’il pose ses valises. Les lieux sont agréables, le climat idéal, mais il ne se sent pas prêt à s’installer pour longtemps&nbsp;; dans la villa de Golden Gate, il
    écrit cependant plusieurs "&nbsp;romans durs&nbsp;" comme <em>En cas de malheur</em> ou <em>Le Fils</em>, et deux <em>Maigret</em>.
  </p>
  <p>
    Dans cette villa de rêve, tout devrait aller pour le mieux. Ce n’est pas le cas, depuis les premiers troubles psychologiques de Denyse, mais aussi les problèmes d’alcoolisme du couple&nbsp;: le
    romancier a besoin de la boisson comme stimulant lorsqu’il écrit ; quant à Denyse, il semble que ce soit pour accompagner son mari. Toujours est-il que Simenon se montre parfois très violent,
    même s’il peut éviter de boire pendant des périodes relativement longues. En outre, Denyse l’aide souvent à satisfaire son appétit sexuel en lui amenant des filles. Si l’intéressée dément par la
    suite cette pratique, Fenton Bresler a retrouvé le médecin et ami de la famille qui confirme les dires de Simenon (Bresler, p. 263).
  </p>
  <p>
    A la fin du printemps 1957, après deux années passées en France, le romancier cherche un nouveau refuge. Ce sera la Suisse, un pays tranquille, mais aussi un paradis fiscal&nbsp;! En sillonnant
    le canton de Vaud au volant de son cabriolet Mercedes, il découvre le château d’Echandens à une vingtaine de kilomètres de Lausanne. La situation de cette propriété lui semble idéale, en outre
    c’est un canton francophone&nbsp;: il signe immédiatement un bail de six ans renouvelable. Dans ce château du XVIe&nbsp;siècle, il écrit à la fois des "&nbsp;romans durs&nbsp;" et des
    <em>Maigret</em>, ces derniers se vendant deux ou trois fois plus que sa production
    "&nbsp;littéraire&nbsp;".&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </p>
  <p>
    <a href="http://www.ulg.ac.be/libnet/simenon/imj0074.htm"></a>Ces années passées à Echandens ne sont pas particulièrement heureuses, malgré la naissance de Pierre le 26 mai 1959, son troisième
    enfant avec Denise. En effet, les ennuis de santé sont de plus en plus fréquents (syndrome de Ménière, névralgies, insomnies…), mais aussi ses relations conjugales de plus en plus houleuses. En
    1960, il ressent le besoin de renouer avec le genre autobiographique alors qu’il commence à déprimer sérieusement&nbsp;: ce sera <em>Quand j’étais vieux</em>, sorte de journal intime, publié dix
    ans après à la demande du critique Bernard de Fallois. Côté cinéma, les adaptations sont nombreuses pendant cette période&nbsp;: Claude Autant-Lara réalise <em>En cas de</em> <em>malheur</em>
    avec le couple insolite Gabin-Bardot et Jean Delannoy met en scène <em>L’Affaire Saint-Fiacre</em> avec le même Jean Gabin qui restera un Maigret très crédible. Cette même année 1960, Simenon se
    voit même confier la présidence du festival de Cannes, c’est dire que l’homme est courtisé par les médias.
  </p>
  <p>
    C’est aussi l’époque où Simenon se passionne pour les ouvrages psychiatriques et pour la médecine en général. Depuis longtemps il a eu des médecins pour amis, et dans son oeuvre ces derniers sont
    nombreux. Même dans la série des <em>Maigret</em>, on retrouve souvent le docteur Pardon, ami personnel du commissaire. Mais sans doute à cause de ses ennuis de santé personnels et surtout les
    crises de Denyse de plus en plus fréquentes, les relations avec les membres du corps médical vont être beaucoup plus suivies…
  </p>
  <p>
    Une nouvelle fois, comme pour signifier qu’une page doit être tournée, Simenon décide de déménager. Le château du XVIe&nbsp;siècle a perdu ses charmes, mais pas la région. Il va donc faire
    construire une maison pour la première fois de sa vie, donnant aux architectes toutes les directives pour bâtir ce qui deviendra le symbole de la démesure simenonienne pour les journalistes du
    monde entier. La villa est située à Epalinges, non loin de Lausanne, sur les hauteurs du lac Léman. Le site est agréable, mais la bâtisse se révélera peu élégante lorsqu’elle sort de terre fin
    1963. Le nombre de pièces impressionnera les visiteurs — journalistes pour la plupart — mais c’est surtout le fameux "&nbsp;bloc opératoire&nbsp;" qui fera couler beaucoup d’encre&nbsp;: ce
    dernier se révèle n’être qu’une simple infirmerie avec une table de massage, mais la légende a une fois de plus pris le pas sur la réalité&nbsp;!
  </p>
  <p>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L’emménagement dans la nouvelle maison ne résout pourtant aucun problème de fond. Les séjours de Denyse
    en clinique psychiatrique sont de plus en plus fréquents et Simenon cherche à présent à l’éloigner de ses enfants. Déjà, celle qui a régné pendant des années sur l’entreprise Simenon est
    remplacée par de simples secrétaires. En 1964, elle quitte définitivement Epalinges, alternant les séjours en clinique et différents lieux de villégiature en France. A cette époque, une autre
    femme entre discrètement dans la vie du romancier&nbsp;: au service des Simenon depuis décembre&nbsp;1961 comme femme de chambre, Teresa est italienne et deviendra la dernière compagne du
    romancier. Pendant ces années passées à Epalinges, il reçoit aussi la visite de sa mère âgée de 85 ans&nbsp;: les rapports entre ces deux forts tempéraments sont toujours aussi difficiles, même
    en l’absence de Denyse. Il retournera la voir à Liège en avril&nbsp;1969, puis en décembre&nbsp;1970 alors qu’elle agonise à l’hôpital de Bavière, là même où Simenon servait la messe pendant son
    enfance. Quatre ans plus tard, il publiera <em>Lettre à ma mère,</em> un livre-témoignage inclassable dans lequel il essaye de comprendre ce que furent ces relations mère-fils tout au long de sa
    vie.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 25 Aug 2009 17:39:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-35265188.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-35265188-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Simenon ; un écrivain hors du commun (5)]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-33809774.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <b>L'Amérique</b>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">La période de l'Occupation n'a pas arrangé les rapports de l'écrivain avec son éditeur. Gaston Gallimard a certes réussi à publier les romans de Simenon durant ces
    années sombres, mais les ventes ne sont pas à la hauteur des espérances des deux hommes&nbsp;: leurs relations s'en trouvent perturbées, chacun rejetant la responsabilité sur l'autre. Avant de
    quitter la France, il convient donc de régler ce problème d'éditeur. Le choix de Simenon se porte alors vers un débutant, d'origine danoise, fils et petit-fils de libraire. Il s'agit de Sven
    Nielsen, à peine plus âgé que le romancier, et les deux hommes vont trouver rapidement un terrain d'entente. Le premier contrat est signé en juillet&nbsp;1945 avec les toutes nouvelles Presses de
    la Cité, évinçant ainsi la maison Gallimard. Désormais, il peut partir.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">C'est sur l'Amérique que Simenon a jeté son dévolu. Le 5&nbsp;octobre 1945, après avoir attendu quelques semaines à Londres, il fait avec Tigy et Marc son entrée
    dans le port de New York. Une nouvelle vie va commencer alors qu'il a un peu plus de 42 ans. Il souhaite en effet tirer un trait définitif sur ces dernières années, mais ignore encore qu'une
    rencontre va bouleverser sa vie. A peine un mois après son arrivée en Amérique, alors qu'il a installé sa famille dans un village du Québec, il cherche une secrétaire bilingue, ce qui lui paraît
    indispensable dans ce pays. La rencontre avec Denyse Ouimet, une jeune femme qu'un de ses amis lui a recommandée, a lieu à New York et sera vraiment déterminante pour Simenon. Cette jolie
    Canadienne française de 25 ans sera sa maîtresse dès le premier soir de leur rencontre, dans des conditions qu'il racontera dans son roman <em>Trois Chambres à Manhattan</em>.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">"Demain ils ne seraient plus seuls, ils ne seraient plus jamais seuls, et quand elle eut soudain un frisson, quand il sentit, presque en même temps, comme une
    vieille angoisse oubliée au fond de la gorge, ils comprirent tous les deux qu'ils venaient, au même instant, sans le vouloir, de jeter un dernier regard sur leur ancienne solitude.<br>
    Et tous les deux se demandaient comment ils avaient pu la vivre.<br>
    Il n'y aurait plus de chambre à Manhattan. Il n'en était plus besoin. Ils pouvaient aller n'importe où désormais, et plus besoin n'était non plus d'un disque dans un petit bar ..."</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Georges Simenon<br>
    <em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Trois Chambres à Manhattan</em></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Les années américaines vont donc être celles d'un certain bonheur pour le romancier. La secrétaire va prendre très vite une place de plus en plus importante dans la
    vie professionnelle et sentimentale de l'écrivain. Entretemps Simenon, qui a de nouveau la bougeotte, s'installe dans le Nouveau-Brunswick, puis voyage à travers les Etats-Unis. Denyse fait bien
    sûr partie du convoi (il y a en effet deux véhicules pour transporter l'épouse encore légitime, la secrétaire, Marc et... son institutrice&nbsp;!). Après cette errance, Simenon pense pouvoir se
    fixer en Arizona, ce pays qu'il aime pour sa lumière, son climat et son style de vie. Malgré l'attrait incontestable de Tucson ou de la petite ville de Tumacacori, près de la frontière mexicaine,
    il ne parvient pas vraiment à s'intégrer dans ce décor qui le change peut-être un peu trop de sa Belgique natale... Son activité littéraire est importante et de grands romans dont certains
    d'inspiration américaine verront le jour. Il ne néglige pas non plus la littérature alimentaire en relançant, avec <em>Maigret se fâche</em> ou <em>Maigret à New York</em>, les aventures du
    célèbre commissaire qu'il avait mis à la retraite prématurément&nbsp;!</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Comme pour marquer cette nouvelle étape d'une vie, le romancier décide de changer de domicile une fois de plus. Un peu par hasard, il échoue dans une région qui
    fait vraiment contraste avec le sud&nbsp;: la Nouvelle-Angleterre réputée pour ses lacs et ses forêts et qui rappelle la vieille Europe. Lakeville, petite ville du Connecticut, séduit
    immédiatement cet homme qui recherche toujours la sécurité. La maison idéale, si souvent convoitée, il l'a trouvée tout de suite avec "&nbsp;Shadow Rock Farm&nbsp;" qu'il va acheter presque
    sur-le-champ. Au bord du lac, à la lisière de la forêt, le lieu ne manque pas de charme, d'autant qu'il se révèle confortable et pratique. Simenon s'installe donc à Lakeville avec le bébé John et
    Denyse, sans oublier l'indispensable Boule qui a fini par rejoindre le couple, ou plutôt le trio. En effet Tigy, qui s'occupe de Marc, habite dans une petite maison du village voisin : cela fait
    partie des conventions exigées lors du divorce. Elle s'accommode assez mal de ce mode de vie, selon le témoignage recueilli par Fenton Bresler&nbsp;: "&nbsp;<em>Non, ces années à Lakeville ne
    furent pas pour moi celles d'un temps heureux</em>&nbsp;".</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Le bonheur de Simenon, réel lorsqu'il s'installe dans le Connecticut, est pourtant éphémère car Denyse prétend s'occuper de tout&nbsp;: elle règne sur la cuisine,
    dirige le secrétariat, devient le manager du romancier. L'entreprise Simenon fonctionne à plein rendement. Les romans se suivent à un rythme impressionnant, aussitôt publiés par les Presses de la
    Cité, puis traduits dans le monde entier grâce à des contrats régulièrement actualisés. Il n'oublie pas non plus le cinéma qui lui apporte toujours des revenus complémentaires loin d'être
    négligeables.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 14 Jul 2009 15:05:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-33809774.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-33809774-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pavés et poignards - les rêves perdu de mai 68]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-32448813.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/51/36/95//pav-s.jpg" class="CtreTexte" width="300" height="380">Dans la rue Gay-Lussac, les pavés voltigeaient. Derrière la
    barricade des ordres contradictoires, hurlés par des chefs de guérillas improvisés, se perdaient au milieu du brouhaha des slogans les plus fous. À cinquante mètres devant, cinq ou six rangées de
    CRS habillés comme des chevaliers attendaient stoïquement l'ordre de charger. Ils n'entendaient même plus les «&nbsp;CRS-SS&nbsp;» qui s'élevaient de cette foule juvénile.&nbsp; En ce soir du 10
    mai, la tension était montée d'un cran. Depuis une semaine, les affrontements physiques et verbaux n'avaient pas cessé. Le quartier latin s'était mis à ressembler à un champ de bataille. Sur les
    trottoirs, les carcasses de bagnoles brûlées avaient remplacé les tables des terrasses des brasseries, qui, d'ailleurs, avaient perdu leur devanture. Bien calé à l'angle de la rue des Ursulines,
    Jacques surveillait les deux premiers rangs de manifestants. Soudain, il vit deux excités enjamber la barricade, cocktails Molotov à la main. Il hurla comme dans le désert.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Arrêtez-les, ce sont des fachos.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il les avait repérés dès le début de la soirée. Ils promenaient leurs drapeaux noirs et leur pancarte <em>«&nbsp;Jouissons sans entrave&nbsp;»</em> dans les quatre
    ou cinq premières rangées du cortège. Tout de suite, il avait senti l'arnaque. Ces deux loustics puaient la «&nbsp;provoc&nbsp;». Leur seule raison d'être ici c'était d'exciter les flics. Son cri
    se perdit dans le brouhaha. Il vit deux éclairs atterrir au pied des flics qui reculèrent d'une dizaine de mètres. La manœuvre avait échoué. Les manifestants étaient sagement restés à l'abri, la
    provoc avait échoué, pour l'instant. Les deux corniauds avaient encore une troisième bouteille en réserve, elle roula sous une 404 malencontreusement garée sur le trottoir. La bagnole s'embrasa
    instantanément, une gerbe de feu éclaira la façade de l'immeuble. L'explosion du réservoir écarta un peu plus les flics et manifestants. Jacques la soirée, il s'était efforcé de canaliser la
    colère des étudiants. Il a avait vu passer Danny courant de barrage en barrage et répétant inlassablement</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Surtout n'attaquez pas les flics. Les barricades sont défensives. On occupe pacifiquement.</em>&nbsp;»&nbsp; À la réunion d'avant manif, rien ne s'était
    passé comme prévu. Pas d'empoignade entre «&nbsp;Staliniens&nbsp;», «&nbsp;Troskistes&nbsp;», «&nbsp;Anarchistes&nbsp;», tous étaient tombés d'accord. Il fallait occuper le quartier latin jusqu'à
    l'obtention de l'élargissement des prisonniers de la libération de la Sorbonne et l'évacuation de la police du quartier. Jacques avait fait la moue. Au milieu des Cohn-Bendit, Krivine, Sauvageot,
    Geismar et autre July, il avait l'impression de passer pour l'ouvrier alibi. Inlassablement, le cri revenait :&nbsp;«&nbsp;<em>Libérez nos camarades</em>&nbsp;». Ces jeunes gens boutonneux
    commençaient à l'agacer. Ses camarades, à lui, auraient bien besoin d'être libérés de... Billancourt.&nbsp;&nbsp; Quatre ans déjà, qu'il vissait les mêmes boulons sur les mêmes R8, pour gagner
    cinq cents balles par mois. Bien sûr, dès le début, on lui avait glissé la carte de la CGT dans la poche. Elle ne lui avait pas servi à grand-chose. Avec sa carrure de boxeur, ses
    «&nbsp;camarades&nbsp;» l'avaient surtout utilisé pour jouer les gros bras contre les fachos. Suprême récompense, il avait même joué les gorilles pour deux ou trois pontes du parti venus soutenir
    la <em>«&nbsp;classe ouvrière&nbsp;».</em> L'ennui avait commencé à le gagner. Coller des affiches, distribuer des tracts, pour réclamer cent balles de plus voilà qui n'allait pas lui changer la
    vie. Au mois d'avril, il était allé faire un tour du côté de Nanterre. Au milieu de ce bain bouillonnant, assis dans l'herbe, il avait écouté disserter. Il n'avait pas compris grand-chose à
    Marcuse, Mao ou Debord. Qu'importe, il avait pris un grand bol d'air frais. Dès le lendemain, à la réunion de section, il en avait parlé. Ses chers camarades lui avaient ri au nez. <em>«&nbsp;Tu
    crois que c'est avec ces petits bourges, que tu vas faire la révolution&nbsp;?&nbsp;»</em>. Il n'avait pas moufté, mais était retourné à Nanterre. Quand il avait osé prendre la parole dans une AG
    improvisée de l'Amphi D1, il avait déclenché une ovation&nbsp;: «&nbsp;<em>Les ouvriers avec nous</em>&nbsp;». Le soir, il déchirait sa carte de la CGT, il était intronisé au sein des JCR<a name=
    "_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a>. Depuis, tous les soirs, il hantait le quartier latin. Et voilà, comment, lui l'ouvrier à la chaîne se retrouvait à faire le service d'ordre dans cette
    manifestation qui le concernait à peine. Une manif, le mot lui apparaissait mal choisi pour parler de ce capharnaüm qui s'était installé autour de la Sorbonne. Lui qui n'avait jusqu'alors connu
    que les défilés du premier mai sagement encadrés par les gros bras du parti ne voyait pas vraiment sur quoi allait déboucher cette soirée. Les rumeurs couraient sans cesse, l'une chassant
    l'autre. Les transistors étaient branchés. <em>«&nbsp;Geismar est en discussion avec Roche<a name="_ftnref2" href="#_ftn2"><b>[2]</b></a></em>&nbsp;, <em>ils vont libérer nos
    camarades</em>.&nbsp;» Manque de chance, Roche ne se veut pas mouiller et on cherche le ministre. A onze heures, c'est Cohn-Bendit qui est chez le recteur. Cette fois ça y est, on va
    gagner&nbsp;! Jacques n'en perd pas une miette, mais il se demande de nouveau si la classe ouvrière ne sera pas le dindon de la farce. Quand les jeunes boutonneux auront libéré leurs
    «<em>&nbsp;camarades</em>&nbsp;», ils retourneront sagement à la fac et lui à Billancourt. D'un coup la panique s'installe, le pouvoir n'a pas cédé. Les flics vont charger. Une fusée rouge
    éclaire le ciel. Une nuée de grenades s'abat sur la barricade la plus avancée du «&nbsp;boul Mich&nbsp;», trop faible pour tenir. Jacques aperçoit une masse compacte d'hommes en noir qui se
    rassemblent devant la rue Gay-Lussac. Pour sûr, ils vont déguster. Une rumeur, encore une, lui parvient&nbsp;: <em>«&nbsp;Les prolos arrivent, ils sont quinze mille à Strasbourg-Saint-Denis, il
    faut tenir&nbsp;»</em>. Une nappe épaisse de lacrymogène envahit la rue. Çà et là des voitures flambent. Aux fenêtres certains habitants abreuvent les flics d'injures, les explosions
    s'accélèrent. Les coups pleuvent, les CRS ne font pas de quartier. On poursuit l'étudiant jusque chez l'habitant. Les explosions s'accélèrent, deux nouvelles bagnoles partent en fumée projetant
    une lueur fugitive. La rue Gay-Lussac était presque reconquise quand il aperçut deux flics qui tentaient de déshabiller une jeune fille.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; - Salope, on va te faire traverser Paris à poil.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Il fit signe à deux autres gros bras et courut vers les deux salopards. Surpris, ils relâchèrent la gamine qui s'enfuit en tournant à l'angle de la rue Collard
    Malgré ses yeux remplis de larmes, il crut reconnaître Djamilla.</span>
  </p><br>
  <hr size="1">
  <p>
    <a name="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Jeunesse communiste révolutionnaire.
  </p>
  <p>
    <a name="_ftn2" href="#_ftnref2">[2]</a> Recteur de l'académie de Paris
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 09 Jun 2009 17:53:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-32448813.html</guid>
                <category>mes bouquins</category>        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-32448813-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Simenon : un écrivain hors du commun (4)]]></title>
        <link>http://www.pierre-mazet.com/article-31890915.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><b>Un romancier chez les gens de lettres</b></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">En réalité, le premier contrat passé entre Simenon et l'éditeur Gaston Gallimard date du mois d'octobre&nbsp;1933. Au cours d'une rencontre qui restera légendaire,
    le romancier impose au patron de la vénérable maison de la rue Sébastien-Bottin des conditions très dures, tant en matière de rythme de publication que sur les droits proprement dits. Après la
    rupture avec Fayard, Simenon aborde une nouvelle étape dans son plan de carrière en abandonnant la série des <em>Maigret</em>. <em>Le Locataire</em> sera le premier roman non sériel publié chez
    Gallimard en cette année 1934&nbsp;: une production nouvelle, que l'auteur appelle "&nbsp;roman dur&nbsp;" et qui correspond à ses aspirations. Mais un éditeur prestigieux ne suffit pas à Simenon
    pour dissiper plusieurs malentendus avec le milieu littéraire. Beaucoup de ses "&nbsp;confrères&nbsp;" ont encore en mémoire la cage de verre ou le Bal anthropométrique, ou évoquent avec dédain
    les contes et romans populaires, critiquent enfin ses faux pas dans le journalisme... Bref, Simenon n'est pas vraiment accepté par la plupart des auteurs de la "&nbsp;sphère Gallimard&nbsp;" et
    tous les prix littéraires lui échapperont, alors que dès 1932, on parle de lui pour le Goncourt ou le Renaudot.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">En 1935, une rencontre sera pourtant déterminante pour lui. C'est André Gide, qui le croise dans les couloirs de la maison Gallimard et veut s'entretenir séance
    tenante avec le "&nbsp;phénomène&nbsp;" Simenon. Le futur prix Nobel de littérature est plein d'admiration pour l'auteur des <em>Maigret</em>, surtout lorsque le commissaire n'est pas présent
    dans le roman&nbsp;! Il bombarde Simenon de questions et c'est le début d'un long dialogue - visites mutuelles ou correspondance - entre les deux hommes qui n'avaient guère de points communs à
    l'origine... Gide dévore Simenon, s'enthousiasme pour certains titres, mais ne ménage pas non plus ses critiques lorsque l'œuvre lui paraît inégale.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">André Gide et Gaston Gallimard seront donc les deux hommes qui comptent pour le jeune romancier dans ces années de maturation. L'arrivée chez Gallimard correspond
    aussi à une période très mondaine pour le couple, qui se partage entre l'appartement de Neuilly et la villa de Porquerolles. En fait, Simenon est plutôt un nouveau riche, un parvenu qui dépense
    de façon ostentatoire, ne s'habille que dans les boutiques les plus chères, uniquement sur mesure, et roule dans une Delage grand sport. Un mode de vie qui demande de gros moyens au romancier et
    des efforts croissants de l'éditeur&nbsp;: à la fin de ces année trente, les relations entre les deux hommes vont commencer à se détériorer à cause des prétentions toujours revues à la hausse de
    Simenon.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">A la fin de cette décennie, la situation du romancier permet de mesurer le chemin parcouru depuis l'époque des romans populaires. Simenon est un "&nbsp;vrai&nbsp;"
    romancier, édité par une maison prestigieuse, assuré de revenus confortables... Côté sentimental, Simenon se sent bien avec Tigy qu'il considère plutôt comme une bonne camarade. Après sa liaison
    avec Joséphine Baker, il n'a pourtant pas renoncé aux aventures, mais par peur des complications, se contentera surtout de relations régulières avec des prostituées. A l'approche de la
    quarantaine, il demande cependant à Tigy de lui donner un enfant&nbsp;: Marc Sim Cependant, Simenon ne veut pas s'engager plus que nécessaire sur le plan personnel. Retiré dans cette Vendée qui
    le rassure, il rentre dans sa coquille et a défini sa ligne de conduite. Ce sera la neutralité, solution la plus évidente pour cet individualiste convaincu. Pendant ces années sombres où la
    France occupée commence à se ressaisir après le choc de 1940, le romancier se préoccupe surtout de la survie de sa famille et des problèmes d'intendance.enon va naître ainsi le 19&nbsp;avril 1939
    dans une clinique de la banlieue de Bruxelles, alors que les bruits de bottes se font de plus en plus entendre en Europe.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">La guerre va surprendre la famille Simenon dans sa maison de Nieul, près de La&nbsp;Rochelle, qui correspond plus au vrai tempérament du romancier après la vie
    bourgeoise menée à Neuilly. L'attaque allemande est trop brutale pour qu'il puisse répondre à l'ordre de mobilisation de l'armée belge, et à l'ambassade de Belgique à Paris où il se présente, on
    le charge de revenir dans sa région d'adoption pour accueillir ses concitoyens qui fuient l'armée allemande&nbsp;: le voilà nommé haut-commissaire aux réfugiés belges. Cette tâche lui convient et
    il remplira sa mission avec efficacité et dévouement.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Il continue en effet à écrire mais doit réduire ses dépenses car les mandats des éditeurs se font rares. Cela ne l'empêche pas de vivre dans un château à
    Fontenay-le-Comte en Vendée, dont il loue une partie pour une somme assez modique il est vrai. Suivant les conseils d'André Gide, il travaille à un nouveau roman, <em>Pedigree,</em> récit
    autobiographique romancé de son enfance, mais aussi à des œuvres fortes comme <em>La Veuve Couderc</em> qui seront éditées chez Gallimard. Comme beaucoup d'écrivains vivant en France pendant
    l'occupation, il continue à publier malgré la censure et la pénurie de papier, et ne semble pas gêné d'être sollicité par les journaux collaborationnistes. Cette attitude pour le moins
    opportuniste lui sera reprochée à la Libération, même si le romancier n'a jamais manifesté de sentiments pro-allemands. Ce qui aggrave encore son cas, ce sont ses relations avec les gens de
    cinéma liés avec un producteur allemand, la Continental&nbsp;: Simenon leur a en effet vendu l'exclusivité des <em>Maigret</em>, et en tout, neuf de ses œuvres vont être adaptées pendant
    l'Occupation&nbsp;!</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">La Libération va donc causer quelques soucis au romancier qui a terminé la guerre à Saint-Mesmin-le-Vieux, toujours en Vendée, mais dans une région encore plus
    reculée. Après assignation à résidence dans un hôtel des Sables-d'Olonne et plusieurs interrogatoires, les enquêteurs de la Libération referment le dossier Simenon. La procédure d'épuration,
    l'instabilité politique, les règlements de compte ont cependant ébranlé le romancier qui en ce début 1945 ne songe plus qu'à quitter la France...</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 26 May 2009 15:03:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.pierre-mazet.com/article-31890915.html</guid>
                        <comments>http://www.pierre-mazet.com/article-31890915-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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